Transversal, oblique, spiroïde, longitudinal ; simple, en coin (troisième fragment « en aile de papillon »), multifragmentaire (comminutif), bifocal (segmentaire) ; enfoncement (impaction), arrachement.
Déplacement
Du fragment distal par rapport au proximal : translation (mm ou en largeur de diaphyse), angulation (degrés ; préciser le sens, de l'apex ou du fragment distal), rotation, raccourcissement ou chevauchement (mm), écart (diastasis).
Articulation
Marche d'escalier, écart et enfoncement (mm), congruence, luxation ou subluxation, fragment intra-articulaire, lipohémarthrose.
Os
Pathologique (lyse, condensation, corticale amincie ou soufflée, réaction périostée), ostéopénie, matériel en place.
Parties molles
Gaz au contact du foyer (fracture ouverte ?), corps étranger, hématome, lésion vasculaire au scanner injecté.
Segment proximal ou distal : A extra-articulaire · B articulaire partielle · C articulaire complète. Diaphyse : A simple · B en coin · C multifragmentaire.
Exceptions
Humérus proximal : 11A 2 parties, 11B 3 parties, 11C col anatomique ou articulaire. Fémur proximal : 31A trochantérien, 31B col, 31C tête. Malléoles : 44A sous-, B trans-, C sus-syndesmotique.
Fracture ouverte (Gustilo-Anderson) classement clinique et opératoire
I plaie < 1 cm, propre · II 1 à 10 cm, sans délabrement étendu · III délabrement étendu ou haute énergie : IIIA couverture possible, IIIB perte de substance, os exposé (lambeau), IIIC lésion artérielle à réparer.
Le radiologue ne classe pas : il signale les signes d'ouverture (gaz au contact du foyer, fragment saillant, corps étrangers) et une lésion artérielle.
Fatigue et insuffisance
Fatigue
Os normal, contrainte anormale répétée (sport, marche) : tibia, métatarsiens, col fémoral (bord inférieur), naviculaire, calcanéum, fibula.
Insuffisance
Os fragile (ostéoporose, irradiation, corticoïdes, ostéomalacie), contrainte normale : sacrum, branches pubiennes, toit du cotyle, col fémoral, plateau tibial médial, condyle fémoral (fracture sous-chondrale par insuffisance), calcanéum.
Imagerie
Radiographie souvent normale au début, puis bande de condensation perpendiculaire aux travées, réaction périostée, cal. IRM : œdème médullaire (STIR), trait en hyposignal T1. Scanner : trait, sclérose.
À risque
Col fémoral côté supérieur (tension), corticale antérieure du tibia (« ligne noire redoutée »), naviculaire, 5e métatarsien zone 3, sésamoïdes.
Fredericson (tibia, IRM)
1 œdème périosté seul · 2 + œdème médullaire en T2 · 3 + œdème médullaire aussi en T1 · 4a anomalies de signal intracorticales multiples · 4b trait intracortical linéaire (Kijowski).
Fragilité : vertèbres et bassin
Genant (semi-quantitatif)
0 normal · 1 perte de hauteur 20–25 % · 2 25–40 % · 3 > 40 %. Forme : cunéiforme (antérieure), biconcave (centrale), écrasement. En dessous de 20 % : pas de fracture comptée. Ostéoporotique ou tumorale : fiche rachis traumatique.
Rommens-Hofmann (FFP)
I lésion antérieure seule (Ia unilatérale, Ib bilatérale) · II lésion postérieure non déplacée (IIa sacrum seul ; IIb tassement de l'aileron sacré + lésion antérieure ; IIc fracture sacrée, sacro-iliaque ou iliaque + lésion antérieure) · III lésion postérieure déplacée unilatérale (IIIa iliaque, IIIb sacro-iliaque, IIIc sacrum) · IV lésion postérieure déplacée bilatérale (IVa iliaques ou sacro-iliaques, IVb dissociation spino-pelvienne en H ou en U, IVc combinaison).
Sujet âgé, branche pubienne fracturée : la lésion sacrée associée est fréquente et souvent invisible en radiographie (scanner, IRM). Fracture fémorale atypique : fiche hanche et fémur.
Consolidation
Consolidation radiologique : trait qui s'efface, cal qui ponte au moins 3 corticales sur 4 (face et profil) ; scanner si doute (ponts osseux à travers le trait).
Retard de consolidation : délai habituel dépassé (souvent 3 à 6 mois selon l'os). Pseudarthrose : pas de consolidation ni de progression sur plusieurs mois (souvent au-delà de 6 à 9 mois).
Cal vicieux : angulation, rotation, raccourcissement (mesures comparatives, scanner de torsion). Matériel : liseré, migration, rupture de vis ou de plaque.
Dans le compte-rendu : siège, trait, déplacement chiffré, articulation, os sous-jacent, parties molles. Conclusion : fracture, éponyme ou classification si les éléments le permettent ; « fracture de fatigue », « par insuffisance » ou « pathologique » seulement si l'aspect et le contexte dictés le permettent.
Fractures de l'enfant
Salter-Harris · fractures incomplètes · arrachements apophysaires · pièges de l'os en croissance · fractures évocatrices de maltraitance
Fiche mémo · traumatologie 2 / 2
Salter-Harris fractures du cartilage de croissance
Épiphyse en haut, cartilage de croissance (bande blanche), métaphyse en bas ; traits en rouge.
I
Décollement dans le cartilage, sans fragment osseux : radiographie normale ou cartilage élargi (comparer ; échographie, IRM). Ex. : épiphysiolyse fémorale supérieure.
II
Cartilage + fragment métaphysaire (Thurston-Holland). Le plus fréquent (≈ 75 %), radius distal.
III
Cartilage + épiphyse : articulaire (Tillaux).
IV
Trait traversant métaphyse, cartilage et épiphyse : articulaire (condyle latéral du coude, triplane, malléole médiale).
V
Écrasement du cartilage : souvent reconnu après coup (arrêt de croissance).
Plus le type est élevé, plus le risque de trouble de croissance l'est. Pont d'épiphysiodèse (séquelle) : IRM ou scanner, siège et surface en % du cartilage. Rang VI : lésion de la périphérie du cartilage (virole périchondrale).
Fractures incomplètes
Motte de beurre (« torus ») : bombement d'une corticale métaphysaire, sans trait traversant (radius distal) ; stable.
Bois vert : rupture de la corticale convexe, plicature de la corticale concave.
Déformation plastique : incurvation sans trait visible (ulna, fibula), souvent avec une fracture de l'autre os ; comparer au côté sain.
Fracture du bambin : spiroïde non déplacée de la diaphyse tibiale distale (9 mois – 3 ans) ; parfois visible seulement en oblique ou au contrôle (cal).
Arrachements apophysaires adolescent sportif
Épine iliaque antéro-supérieure
Sartorius, tenseur du fascia lata.
Épine iliaque antéro-inférieure
Droit fémoral.
Tubérosité ischiatique
Ischio-jambiers ; déplacement en mm.
Petit trochanter
Ilio-psoas. Chez l'adulte : fracture pathologique jusqu'à preuve du contraire.
Épicondyle médial
Fléchisseurs-pronateurs (lanceur) ; incarcération après luxation du coude.
Arrachement ancien ou répété : réaction périostée, aspect lytique ou masse ossifiée qui peut paraître agressif ; siège sur une insertion, âge et contexte sportif évitent le diagnostic de tumeur.
Pièges de l'os en croissance
Cartilages et noyaux d'ossification pris pour des traits : comparer au côté sain ou à un atlas (noyaux du coude : fiche membre supérieur).
Variantes : irrégularités métaphysaires, synchondrose ischio-pubienne bombée, apophyses fragmentées (calcanéum, tubérosité tibiale), apophyse du 5e métatarsien.
Coude : coussinet graisseux postérieur visible = fracture jusqu'à preuve du contraire.
Épiphysiolyse fémorale supérieure : ligne de Klein de face ; le glissement se voit souvent d'abord au profil (Lauenstein) ; comparer, et regarder l'autre hanche.
Lésions métaphysaires classiques (« en coin », « en anse de seau »), côtes postérieures, scapula, apophyses épineuses, sternum.
Modérée
Fractures multiples, bilatérales ou d'âges différents, décollements épiphysaires, corps vertébraux, doigts, fractures complexes du crâne.
Faible
Clavicule, diaphyses, fracture linéaire du crâne, appositions périostées isolées : fréquentes, aussi accidentelles.
Fracture chez un nourrisson qui ne marche pas, sans mécanisme cohérent : bilan squelettique complet selon les recommandations et avis spécialisé. Décrire chaque lésion et son aspect (trait net, réaction périostée, cal) ; la datation radiologique est approximative. Ne pas affirmer le mécanisme dans le compte-rendu sans élément dicté.
Dans le compte-rendu : os, siège par rapport au cartilage de croissance, type de Salter-Harris si le trait est décrit, déplacement (mm, degrés), atteinte articulaire, cartilage élargi, comparaison au côté sain. Conclusion : fracture et type.