Fractures du genou, de la jambe et de la cheville

Radiographie, scanner, IRM · rotule, fibula proximale, diaphyse tibiale, pilon (Rüedi-Allgöwer), Tillaux et triplane, talus (Hawkins) · (hanche et fémur : fiche dédiée)
Fiche mémo · traumatologie
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Genou

  • Plateaux tibiaux (Schatzker, trois colonnes, enfoncement), Segond, épines tibiales : fiche plateaux tibiaux. Fémur distal et Hoffa : fiche hanche et fémur.
  • Lipohémarthrose (niveau graisse-liquide, profil à rayon horizontal ou scanner) = fracture intra-articulaire, même sans trait visible.
  • Tête et col de la fibula : arrachement de la pointe (signe de l'arc : coin postéro-latéral) ; fracture du col : nerf fibulaire commun.
  • Tubérosité tibiale (adolescent) : arrachement par le quadriceps (Ogden) ; ≠ Osgood-Schlatter (fragmentation chronique).

Rotule

  • Transversale (la plus fréquente, mécanisme indirect : appareil extenseur), comminutive étoilée (choc direct), verticale (souvent vue seulement en incidence axiale), arrachement d'un pôle, ostéochondrale après luxation latérale (bord médial de la rotule, condyle latéral : fragment intra-articulaire).
  • Écart entre fragments et marche d'escalier articulaire (mm), hauteur rotulienne, tendons.
  • Patella bipartita (Saupe) : I pôle inférieur · II bord latéral · III pôle supéro-latéral (≈ 75 %). Bords arrondis, corticalisés, souvent bilatérale : pas une fracture (sauf disjonction douloureuse avec œdème en IRM).

Jambe

  • Diaphyse tibiale (AO/OTA 42) : A simple · B en coin · C multifragmentaire ; niveau de la fibula, ouverture (gaz, fragment saillant), articulations sus- et sous-jacentes. Spiroïde du tiers distal : chercher un trait vers la malléole postérieure (scanner).
  • Fibula haute isolée + douleur de cheville : Maisonneuve (fiche cheville traumatique).
  • Enfant : fracture du bambin (spiroïde non déplacée du tibia distal, 9 mois – 3 ans), parfois visible seulement sur l'oblique ou au contrôle.
  • Fatigue : tibia, corticale postéro-médiale (fréquente, peu à risque) ou corticale antérieure (« ligne noire redoutée », à risque de fracture complète) ; fibula distale. Grades IRM (Fredericson) : fiche fractures : décrire, fragilité, enfant.

Pilon tibial compression axiale ; scanner systématique

Rüedi-AllgöwerI articulaire non déplacée · II déplacement articulaire sans comminution notable · III comminution et impaction articulaires et métaphysaires.
AO/OTA 43A extra-articulaire · B articulaire partielle (une partie du plafond reste solidaire de la diaphyse) · C articulaire complète.
Fragments à nommerAntéro-latéral (Tillaux-Chaput), médial (malléolaire), postéro-latéral (Volkmann), fragment central enfoncé ; fibula.

Cheville de l'adolescent le cartilage ferme au centre, puis en dedans, puis en dehors

  • Tillaux juvénile : Salter-Harris III du quart antéro-latéral de l'épiphyse tibiale distale (arrachement par le ligament tibio-fibulaire antéro-inférieur), en fin de croissance.
  • Triplane : traits dans trois plans, sagittal dans l'épiphyse, axial dans le cartilage de croissance, frontal dans la métaphyse ; aspect de Salter-Harris III de face et II de profil. 2 à 4 fragments.
  • Scanner : écart et marche d'escalier articulaires (mm ; seuil de 2 mm souvent cité). Weber, malléoles, syndesmose : fiche cheville ; calcanéum : fiche calcanéum.

Talus

Col (Hawkins)I non déplacée · II subluxation ou luxation sous-talienne · III + luxation tibio-talienne (corps énucléé) · IV (Canale-Kelly) + luxation talo-naviculaire. Le risque de nécrose du corps croît avec le type.
Signe de HawkinsBande claire sous-chondrale du dôme à 6–8 semaines (résorption liée à la revascularisation) : nécrose peu probable. Son absence ne suffit pas à l'affirmer.
Processus latéral« Snowboarder » : face en rotation interne, scanner ; ressemble à une fracture du calcanéum sur le profil.
Processus postérieurTubercule latéral (Shepherd), à distinguer d'un os trigone (bords corticalisés, arrondis) ; tubercule médial (Cedell).
Ne pas classer sans élément dicté. Hawkins suppose l'état des articulations sous-talienne, tibio-talienne et talo-naviculaire ; Rüedi-Allgöwer le déplacement et la comminution articulaires. Sinon : décrire.
Dans le compte-rendu : côté, os, siège, trait, fragments, déplacement (mm, degrés), surfaces articulaires (marche d'escalier, écart, enfoncement), luxation, lipohémarthrose, fragments libres. Conclusion : fracture et classification si les éléments le permettent.

Fractures du pied

Radiographie, scanner, IRM · Chopart, naviculaire, cuboïde, Lisfranc (Myerson), 5e métatarsien (zones), fractures de fatigue, sésamoïdes, pièges, compte-rendu
Fiche mémo · traumatologie
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Médio-pied

ChopartArrachements (bord dorsal du naviculaire, processus antérieur du calcanéum), cuboïde « casse-noix » (comprimé entre calcanéum et 4e–5e métatarsiens, en abduction), luxation médio-tarsienne.
NaviculaireArrachement dorsal (le plus fréquent), tubérosité (tibial postérieur ; ≠ os naviculaire accessoire), corps. Fracture de fatigue du tiers central, sagittale, souvent invisible en radiographie (scanner, IRM).
Lisfranc (Myerson)A incongruence totale, tous les métatarsiens déplacés dans le même sens · B incongruence partielle : B1 médiale (1er rayon), B2 latérale (un ou plusieurs rayons latéraux) · C divergente : 1er rayon en dedans, les autres en dehors (C1 partielle, C2 totale).
Cuboïde, cunéiformesFractures isolées rares : cuboïde « casse-noix », cunéiformes le plus souvent avec une lésion de Lisfranc.

Lisfranc : alignements radiographies de face et oblique, en charge si possible

  • Face : bord médial du 2e métatarsien dans le prolongement du bord médial du cunéiforme intermédiaire.
  • Oblique : bord médial du 4e métatarsien dans le prolongement du bord médial du cuboïde.
  • Écart entre 1er cunéiforme et base du 2e métatarsien > 2 mm ou asymétrique ; « fleck sign » (arrachement du ligament de Lisfranc) ; marche dorsale au profil.
  • Lésion subtile : clichés en charge comparatifs, scanner, IRM du ligament.
M1M2M3M4M5 C1C2C3cuboïde
Pointillés rouges : alignements à vérifier ; orange : ligament de Lisfranc (1er cunéiforme → base du 2e métatarsien).

Pièges

  • Os accessoires (os trigone, naviculaire accessoire, os péronier, os vésalien) : bords corticalisés et arrondis, souvent bilatéraux.
  • Lisfranc non déplacé en décharge : se démasque en charge ; fracture du naviculaire ou du col du talus vue seulement au scanner.
  • Fracture de fatigue prise pour une tumeur (réaction périostée, œdème) : trait perpendiculaire à la corticale, contexte.

Avant-pied

Base du 5e métatarsien (Lawrence et Botte) : zone 1 tubérosité, arrachement (court fibulaire, bande latérale de l'aponévrose plantaire) · zone 2 jonction métaphyso-diaphysaire, trait qui atteint l'articulation entre 4e et 5e métatarsiens (fracture de Jones) · zone 3 diaphyse proximale, fracture de fatigue. Pronostic de consolidation différent : préciser la zone.
1 2 3 4e métatarsien 5e métatarsien
  • Enfant (≈ 9–14 ans) : apophyse de la tubérosité parallèle à l'axe de l'os, ≠ fracture transversale ; os vésalien, os péronier : bords corticalisés.
  • Fatigue : col des 2e–3e métatarsiens (marche), base du 2e (danse) ; radiographie souvent normale au début (IRM).
  • Sésamoïdes : sésamoïde bipartite (bords lisses, souvent bilatéral, ensemble plus grand que le sésamoïde opposé) ≠ fracture (bords irréguliers, fragments s'emboîtant).
Ne pas classer sans élément dicté. Myerson suppose le sens du déplacement de chaque rayon ; la zone du 5e métatarsien, le siège exact du trait par rapport à l'articulation entre 4e et 5e. Sinon : décrire.
Dans le compte-rendu : côté, os, trait, fragments, déplacement (mm), surfaces articulaires (marche d'escalier, écart, congruence), luxations, alignement de Lisfranc, fragments libres, os accessoires. Conclusion : fracture et classification si les éléments le permettent, lésions associées.