Fractures du membre supérieur : épaule, bras, coude

Radiographie, scanner · clavicule, acromio-claviculaire, scapula, humérus proximal et diaphysaire, coude de l'adulte et de l'enfant
Fiche mémo · traumatologie
1 / 2

Clavicule face et incidence ascendante (15–30°)

AllmanI tiers moyen (≈ 80 %) · II tiers latéral (≈ 15 %) · III tiers médial (≈ 5 %, haute énergie : articulation sterno-claviculaire, vaisseaux sous-claviers au scanner).
Tiers latéral (Neer, Craig)I entre les ligaments coraco-claviculaires (CC) et acromio-claviculaires, ligaments intacts, peu déplacée · IIA en dedans du conoïde et du trapézoïde · IIB entre les deux, conoïde rompu : fragment médial ascensionné (type II = instable) · III surface articulaire acromio-claviculaire · IV enfant : le fragment médial sort de son fourreau périosté · V comminutive, ligaments CC attachés à un fragment inférieur.
DécrireRaccourcissement (chevauchement, mm), déplacement en largeurs de diaphyse (> 100 % = sans contact), comminution, fragment intermédiaire vertical (menace cutanée).

Acromio-claviculaire Rockwood ; comparer au côté sain

I · III entorse, radiographie normale · II ligaments acromio-claviculaires rompus, CC intacts : interligne élargi, clavicule à peine ascensionnée.
IIILigaments acromio-claviculaires et CC rompus : distance coraco-claviculaire augmentée de 25 à 100 % par rapport au côté sain (normale 11–13 mm).
IV · V · VIIV clavicule déplacée en arrière, dans ou à travers le trapèze (profil axillaire ou scanner ; la face peut sembler peu déplacée) · V ascension de 100 à 300 %, désinsertion deltoïde et trapèze · VI déplacement inférieur, sous l'acromion ou la coracoïde (rare).

Scapula

  • Corps, col : haute énergie, chercher les lésions thoraciques (côtes, contusion pulmonaire, pneumothorax) ; scanner avec reconstructions 3D.
  • Glène : rebord antéro-inférieur (Bankart osseux, fiche épaule instable) ; fosse glénoïdienne (Ideberg) : marche d'escalier, écart, subluxation de la tête.
  • Épaule flottante : fracture du col de la scapula + clavicule homolatérale (ou disjonction acromio-claviculaire), double rupture du complexe suspenseur supérieur.

Humérus proximal Neer ; AO/OTA 11

  • Quatre segments : tête (col anatomique), tubercule majeur, tubercule mineur, diaphyse (col chirurgical).
  • Un segment est une « partie » s'il est déplacé de > 1 cm ou angulé de > 45°. Sinon, quel que soit le nombre de traits, fracture en une partie (non déplacée, ≈ 80 %).
  • 2 parties : col chirurgical le plus souvent, ou tubercule majeur isolé · 3 parties : col chirurgical + un tubercule · 4 parties : tête séparée des deux tubercules et de la diaphyse. Ajouter fracture-luxation (antérieure, postérieure) ou fracture de la surface articulaire (tête fendue, impaction).
  • AO/OTA : 11A extra-articulaire unifocale (2 parties) · 11B extra-articulaire bifocale (3 parties) · 11C col anatomique ou articulaire.
  • Ischémie de la tête (Hertel) : extension métaphysaire postéro-médiale attachée à la tête < 8 mm, charnière médiale rompue (déplacement > 2 mm), trait du col anatomique.
  • Tubercule majeur isolé : déplacement en mm (ascension sous l'acromion), souvent après une luxation antérieure.

Diaphyse humérale AO/OTA 12

  • A simple (spiroïde, oblique, transversale) · B en coin · C multifragmentaire.
  • Holstein-Lewis : spiroïde du tiers distal, fragment distal dévié en dehors : nerf radial au contact (paralysie radiale).

Coude de l'adulte scanner pour les fractures articulaires

Tête radiale (Mason modifiée)I non déplacée ou < 2 mm · II partielle déplacée ≥ 2 mm (≥ 30 % de la tête, Broberg-Morrey) · III comminutive, toute la tête · IV (Johnston) avec luxation du coude.
CoronoïdeRegan-Morrey : I pointe · II ≤ 50 % de la hauteur · III > 50 %. O'Driscoll : pointe, facette antéro-médiale (instabilité postéro-médiale en varus), base.
Olécrâne (Mayo)I non déplacée · II déplacée, coude stable · III coude instable (fracture-luxation) ; A non comminutive, B comminutive.
Humérus distal (AO/OTA 13)A extra-articulaire (supracondylienne, épicondyles) · B articulaire partielle (un condyle, capitulum, trochlée) · C articulaire complète (sus- et intercondylienne en T ou en Y).
Capitulum (Bryan-Morrey, McKee)I gros fragment (Hahn-Steinthal) · II lamelle ostéochondrale (Kocher-Lorenz) · III comminutive · IV étendue à la trochlée : signe du « double arc » au profil.
Triade terribleLuxation du coude + fracture de la tête radiale + fracture de la coronoïde : coude instable.
Coussinet graisseux postérieur visible sans trait (adulte) : fracture occulte de la tête radiale à évoquer.

Coude de l'enfant

Noyaux d'ossification (CRITOE) : capitulum ≈ 1 an · tête radiale ≈ 3–5 · épicondyle médial ≈ 5–7 · trochlée ≈ 7–9 · olécrâne ≈ 9–11 · épicondyle latéral ≈ 10–11 ans (plus tôt chez la fille). Toujours dans cet ordre : un noyau à la place de la trochlée sans épicondyle médial visible = épicondyle médial incarcéré dans l'articulation.
Supracondylienne (Gartland)En extension dans ≈ 95 % des cas. I non ou peu déplacée (ligne humérale antérieure dans le capitulum) · II déplacée, corticale postérieure continue (IIA sans, IIB avec rotation ou translation) · III déplacement complet, sans contact cortical · IV instable en flexion et en extension (constat au bloc). Mesurer l'angle de Baumann (face) et le comparer au côté sain ; comminution médiale (bascule en varus).
Condyle latéralMilch : I trait en dehors de la trochlée (coude stable) · II trait jusque dans la trochlée (instable). Jakob : I non déplacé, surface articulaire intacte · II déplacé (≥ 2 mm), sans rotation · III déplacé et retourné. Oblique interne ; IRM ou échographie pour la charnière cartilagineuse.
Épicondyle médialArrachement (déplacement en mm) ; incarcération articulaire après luxation.
Col du radiusBascule de la tête radiale, en degrés.
Ne pas classer sans élément dicté. Neer suppose le déplacement de chaque segment, Mason le déplacement et l'étendue de l'atteinte de la tête, Gartland l'état de la corticale postérieure. Sans ces éléments : décrire, ne pas classer. Pas d'indication chirurgicale ni de « fracture instable » non dictée.
Dans le compte-rendu : côté, os et segment, trait, fragments, déplacement (mm, degrés, sens), atteinte articulaire (marche d'escalier, écart), luxation associée, lésions associées, mesures (distance coraco-claviculaire, angle de Baumann). Conclusion : fracture et classification si les éléments le permettent.

Fractures du membre supérieur : avant-bras, poignet, main

Radiographie, scanner · Monteggia, Galeazzi, Essex-Lopresti, radius distal (éponymes, Frykman, AO, mesures, instabilité), métacarpes, pouce, phalanges, pièges
Fiche mémo · traumatologie
2 / 2

Avant-bras toujours voir le coude et le poignet

Monteggia (Bado)Fracture de l'ulna + luxation de la tête radiale (ligne radio-capitellaire). I luxation antérieure, ulna angulée en avant (la plus fréquente, enfant) · II luxation postérieure, angulation postérieure (adulte) · III luxation latérale, fracture métaphysaire de l'ulna (enfant) · IV luxation antérieure + fracture des deux os au tiers proximal. Enfant : la déformation plastique de l'ulna en est un équivalent.
GaleazziFracture de la diaphyse radiale (jonction des tiers moyen et distal) + luxation radio-ulnaire distale : interligne élargi, ulna déplacée (dorsale au profil), fracture de la base de la styloïde ulnaire, radius raccourci. Enfant : décollement épiphysaire distal de l'ulna.
Essex-LoprestiFracture de la tête radiale + rupture de la membrane interosseuse + lésion radio-ulnaire distale : ascension du radius (variance ulnaire positive, comparer). Souvent manquée.
Ulna isolée, deux osDiaphyse ulnaire isolée par choc direct (« fracture du bâton ») : vérifier la tête radiale. Deux os : AO/OTA 22, A simple, B en coin, C multifragmentaire.

Radius distal

Pouteau-CollesExtra-articulaire métaphysaire, bascule dorsale du fragment distal (« dos de fourchette »).
Goyrand-SmithExtra-articulaire, bascule palmaire.
BartonMarginale articulaire avec subluxation du carpe : dorsale (Barton) ou palmaire (marginale antérieure, Barton inversé, instable).
Hutchinson, die-punchStyloïde radiale (« chauffeur ») : chercher une lésion scapho-lunaire. Enfoncement de la fossette lunarienne (« die-punch »).
FrykmanI extra-articulaire · III radio-carpienne · V radio-ulnaire distale · VII les deux ; types pairs (II, IV, VI, VIII) : idem + styloïde ulnaire.
AO/OTA 23A extra-articulaire · B articulaire partielle (styloïde, marginale dorsale ou palmaire) · C articulaire complète.
Castaing (usage français) sépare les fractures par compression-extension (déplacement postérieur, la grande majorité) et par compression-flexion (déplacement antérieur).

Mesures et instabilité face et profil stricts

  • Inclinaison radiale ≈ 22° (face) · inclinaison palmaire ≈ 11° (profil) : donner la bascule dorsale en degrés · hauteur radiale ≈ 11–12 mm · variance ulnaire (comparer).
  • Marche d'escalier et écart articulaires en mm (seuil de 2 mm souvent cité), enfoncement de la fossette lunarienne, angle de la larme (≈ 70° au profil ; diminué = bascule du fragment palmaire lunarien).
  • Instabilité (Lafontaine) : bascule dorsale > 20°, comminution dorsale, trait radio-carpien, fracture de l'ulna associée, âge > 60 ans ; à partir de 3 critères, déplacement secondaire fréquent.
  • Associées : base de la styloïde ulnaire (radio-ulnaire distale), scaphoïde, diastasis scapho-lunaire (fiche scaphoïde et carpe), TFCC.

Main

Col du 5e métacarpienFracture « du boxeur » : bascule palmaire de la tête, en degrés (profil ou oblique).
MétacarpesDiaphyse : raccourcissement, angulation (la rotation est clinique). Base des 4e–5e : luxation carpo-métacarpienne associée (fiche carpe).
BennettFracture-luxation articulaire de la base du 1er métacarpien : petit fragment palmaro-ulnaire resté en place (ligament oblique antérieur), diaphyse luxée en dehors et en arrière.
RolandoBase du 1er métacarpien articulaire comminutive (en T ou en Y, ≥ 3 fragments). Extra-articulaire : Winterstein.
Pouce du skieurArrachement de la base ulnaire de P1 (ligament collatéral ulnaire). Stener : ligament rompu, rétracté en surface de l'aponévrose de l'adducteur (échographie, IRM).
Doigt en maillet (Wehbé-Schneider)Arrachement de la base dorsale de P3 (extenseur). I sans subluxation · II avec subluxation palmaire de P3 · III décollement épiphysaire ; fragment A < 1/3, B 1/3 à 2/3, C > 2/3 de la surface articulaire.
Plaque palmairePetit fragment de la base palmaire de P2 (hyperextension de l'IPP) ; subluxation dorsale de P2 si le fragment est grand.
Jersey finger (Leddy-Packer)Arrachement du fléchisseur profond (base palmaire de P3). Tendon rétracté : I dans la paume · II à l'IPP · III gros fragment arrêté à la poulie A4 · IV fragment, tendon détaché du fragment. Échographie.
PhalangesHouppe de P3 (écrasement) ; condyles de P1 et P2 : articulaires, sous-estimés de face (obliques, profil strict).

Pièges

  • Pseudo-luxation inférieure de la tête humérale (hémarthrose après fracture) : pas une luxation. Luxation postérieure souvent manquée (fiche épaule instable).
  • Os acromial (noyau non fusionné, bords corticalisés, souvent bilatéral), processus supracondylien de l'humérus : variantes.
  • Enfant : noyaux d'ossification du coude pris pour des fragments, épicondyle médial incarcéré pris pour la trochlée, pseudo-épiphyses à la base des métacarpiens.
  • Fracture de la tête radiale ou du scaphoïde invisible au premier cliché : signes indirects (coussinet graisseux, liseré du scaphoïde), scanner ou IRM.
  • Fracture de l'avant-bras : une luxation radio-ulnaire (proximale ou distale) associée change le diagnostic (Monteggia, Galeazzi).
Ne pas classer sans élément dicté. Frykman suppose de savoir quelles articulations sont atteintes, Bado le sens de la luxation, Wehbé-Schneider la subluxation et la taille du fragment. Pas d'indication thérapeutique dans la conclusion.
Dans le compte-rendu : côté, os, siège, trait, fragments, déplacement (bascule en degrés, raccourcissement en mm), atteinte articulaire (radio-carpienne, radio-ulnaire distale, marche d'escalier), luxation associée, styloïde ulnaire, carpe. Conclusion : fracture, éponyme ou classification si les éléments le permettent, lésions associées.