Définition EPOS 2020
Rhinosinusite chronique avec polypes : symptômes depuis au moins 12 semaines (obstruction nasale ou rhinorrhée, avec ou sans douleur faciale et baisse de l'odorat) et polypes vus en endoscopie (méat moyen), avec ou sans anomalies au scanner. Le plus souvent forme diffuse, bilatérale, de type 2 (éosinophilique) : asthme, intolérance à l'aspirine et aux AINS (maladie de Widal), allergie. Le polype se voit en endoscopie ; le scanner fait le bilan d'extension et la carte avant chirurgie.
Enfant : penser mucoviscidose et dyskinésie ciliaire. Atteinte unilatérale : ce n'est pas une polypose, penser à une autre lésion (page 2).
Scanner sans injection, faible dose, coupes fines, reconstructions coronales et sagittales
| Comblement | Bilatéral et symétrique, à prédominance ethmoïdale (ethmoïde ≥ maxillaire), souvent pansinusien. |
|---|---|
| Fosses nasales | Masses arrondies de densité tissulaire, à contours convexes, des méats moyens vers les fosses nasales et les choanes. |
| Remodelage osseux | Cellules ethmoïdales élargies, cloisons amincies et déminéralisées (fausse lyse), infundibulum élargi ; pas de destruction tumorale. |
| Contenu hyperdense | Sécrétions épaisses, mucine éosinophile ou fongique (« double densité » : centre dense, muqueuse hypodense autour) : penser rhinosinusite fongique allergique. |
| Ostéite | Parois épaissies et condensées : inflammation chronique, sévérité, récidive après chirurgie. |
Le scanner ne distingue pas polype, muqueuse épaissie et sécrétions : décrire un « comblement » ; parler de polypes quand ils sont vus dans les fosses nasales ou connus en endoscopie.
IRM si complication, doute tumoral, atteinte unilatérale
- Polypes en hypersignal T2, rehaussement périphérique (muqueuse) ; sécrétions de signal variable selon leur teneur en protéines
- Mucine très épaisse ou fongique : hyposignal T2 marqué, voire vide de signal, qui peut mimer un sinus aéré
- Tumeur : rehaussement tissulaire plein, restriction de diffusion ; papillome inversé : aspect « cérébriforme » en T2 et après injection
Lund-Mackay scanner, de 0 à 24 (0 à 12 par côté)
| Par côté | Points |
|---|---|
| Maxillaire, ethmoïde antérieur, ethmoïde postérieur, sphénoïde, frontal | 0 normal · 1 opacité partielle · 2 opacité totale |
| Complexe ostio-méatal | 0 perméable · 2 obstrué |
Quantifie l'extension, ne fait pas le diagnostic : des scores jusqu'à 4 se voient chez des sujets sains. Suivi sous corticoïdes ou biothérapie : comparer avec le même score.
Score endoscopique des polypes Nasal Polyp Score, 0 à 4 par côté, total 0 à 8
| 0 | Pas de polype. |
|---|---|
| 1 | Petits polypes dans le méat moyen, sans dépasser le bord inférieur du cornet moyen. |
| 2 | Polypes qui dépassent le bord inférieur du cornet moyen. |
| 3 | Gros polypes jusqu'au bord inférieur du cornet inférieur, ou polypes en dedans du cornet moyen. |
| 4 | Gros polypes qui obstruent complètement la fosse nasale inférieure. |
Score de l'ORL, en endoscopie (critère des essais de biothérapie) : il ne se déduit pas du scanner.
JESREC rhinosinusite chronique éosinophilique si ≥ 11 points
| Critère | Points |
|---|---|
| Atteinte bilatérale | 3 |
| Polypes | 2 |
| Scanner : ethmoïde ≥ maxillaire | 2 |
| Éosinophiles sanguins : 2–5 % · 5–10 % · > 10 % | 4 · 8 · 10 |
Score japonais, prédictif de récidive. Le radiologue apporte la prédominance ethmoïdale : la dire explicitement quand elle est vue.
Ne pas coter sans élément dicté : pas de score de Lund-Mackay, de score endoscopique ni de « prédominance ethmoïdale » non dictés ; pas de « polypose » sur un simple comblement sinusien.