Sclérose en plaques : IRM et critères de McDonald

Dissémination spatiale et temporelle · lésions typiques · suivi sous traitement · diagnostics différentiels · compte-rendu
Fiche mémo · neuroradiologie
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Critères IRM de McDonald 2017 après un syndrome clinique évocateur

Dissémination spatiale DIS

≥ 1 lésion T2 dans ≥ 2 des 4 topographies :
Périventriculaire
Corticale ou juxtacorticale
Sous-tentorielle
Moelle épinière
Les lésions symptomatiques comptent (depuis 2017). Le nerf optique n'est pas une topographie en 2017.

Dissémination temporelle DIT

  • Coexistence, sur une même IRM, de lésions rehaussées et de lésions non rehaussées
  • ou nouvelle lésion T2 ou rehaussée sur une IRM de suivi, quel que soit le délai
  • ou bandes oligoclonales dans le LCS (remplacent la DIT)
La DIS et la DIT sont des critères diagnostiques cliniques et radiologiques. Au compte-rendu, décrire le nombre et la topographie des lésions, puis dire si l'imagerie remplit les critères de dissémination ; le diagnostic de SEP reste celui du neurologue. Chez un patient déjà suivi pour SEP, parler d'activité, pas de dissémination.
Révision 2024 des critères (présentée à l'ECTRIMS 2024) : nerf optique ajouté comme 5e topographie, signe de la veine centrale et lésions à anneau paramagnétique comme marqueurs de spécificité. Vérifier la version publiée avant de l'appliquer.

Lésions évocatrices

PériventriculairesOvalaires, perpendiculaires aux ventricules (doigts de Dawson), au contact du ventricule ; face inférieure du corps calleux (interface calloso-septale). Après 50 ans ou avec facteurs de risque vasculaire, en exiger ≥ 3 (MAGNIMS 2021).
Juxtacorticales, corticalesAu contact du cortex (fibres en U), sans substance blanche intercalée ; corticales mieux vues en DIR ou PSIR.
Sous-tentoriellesPériphérie du pont, pédoncules cérébelleux, plancher du 4e ventricule, cervelet.
Médullaires< 2 segments vertébraux, périphériques (cordons latéraux, postérieurs), < la moitié de la section, surtout cervicales.
ToutesTaille ≥ 3 mm ; rehaussement nodulaire ou en anneau incomplet ouvert vers le cortex quand la lésion est active ; hyposignal T1 persistant (« trous noirs ») = destruction axonale.

IRM de suivi sous traitement

  • Même machine si possible, 3D FLAIR dans le même plan, comparaison à une IRM de référence datée
  • Compter les lésions T2 nouvelles ou élargies et les lésions rehaussées ; l'injection n'est pas systématique au suivi si le 3D FLAIR est comparable (MAGNIMS 2021)
  • Activité radiologique = au moins une lésion nouvelle, élargie ou rehaussée
  • Moelle : pas systématique au suivi, sauf symptôme ou doute

Sous natalizumab : leucoencéphalopathie multifocale progressive (LEMP)

Lésion nouvelle sous-corticale touchant les fibres en U, à limites floues vers le cortex, sans effet de masse, bord en hypersignal diffusion ; petits rehaussements punctiformes (aspect « voie lactée »). À signaler même si l'indication est un suivi de routine.

Diagnostics différentiels

Petits vaisseauxSubstance blanche profonde et sous-corticale, fibres en U et corps calleux épargnés, pas d'atteinte périphérique du pont, pas de rehaussement.
NMOSD (anti-AQP4)Myélite longitudinalement étendue ≥ 3 segments, centrale ; névrite optique longue postérieure ou chiasmatique ; area postrema.
MOGAD (anti-MOG)Névrite optique antérieure longue avec rehaussement périneural, lésions floues, atteinte du cône médullaire.
AutresADEM (lésions nombreuses de même âge), Susac (lésions centrales du corps calleux « en boule de neige »), vascularites, sarcoïdose (rehaussement leptoméningé), migraine.
Dans le compte-rendu : nombre et topographie des lésions (périventriculaires, juxtacorticales, sous-tentorielles, médullaires) ; lésions rehaussées (nombre) ; au suivi, date de l'IRM de comparaison, lésions nouvelles ou élargies (nombre, siège), charge lésionnelle stable ou non ; trous noirs, atrophie. Conclusion : activité radiologique ou non (nombre de lésions nouvelles et rehaussées) ; au diagnostic, DIS et DIT remplies ou non à l'imagerie.