Quel examen ?
| Radiographies | Face, profil, incidences scaphoïdes (poing fermé, inclinaison ulnaire). Environ 20 % des fractures invisibles au départ ; liseré graisseux du scaphoïde effacé = signe indirect. |
|---|---|
| IRM | Examen de référence de la fracture occulte : trait en hyposignal T1 linéaire, œdème autour. Diagnostique aussi les lésions ligamentaires et les autres os du carpe. |
| Scanner | Meilleur pour le trait, le déplacement, la comminution et la consolidation. Coupes dans l'axe long du scaphoïde (sagittales et coronales obliques). |
Siège et trait
| Siège | Particularités |
|---|---|
| Tubercule, pôle distal | Souvent extra-articulaire, bien vascularisé : bon pronostic. |
| Tiers moyen (taille) | Le plus fréquent (environ deux tiers). |
| Tiers proximal, pôle proximal | Consolidation lente, risque de nécrose et de pseudarthrose élevé : vascularisation rétrograde (artère radiale, entrée distale et dorsale). |
Orientation du trait par rapport à l'axe du scaphoïde (Russe) : horizontal oblique, transverse, vertical oblique (le moins stable). Classification de Herbert : A stables (A1 tubercule, A2 incomplète du tiers moyen), B instables (B1 oblique distale, B2 complète du tiers moyen, B3 pôle proximal, B4 fracture-luxation trans-scapho-périlunaire, B5 comminutive), C retard de consolidation, D pseudarthrose.
Déplacement et instabilité scanner
- Déplacement ≥ 1 mm (écart ou marche d'escalier) sur une coupe
- Angle intrascaphoïdien latéral > 35° ou rapport hauteur/longueur > 0,65 : bossu (« humpback », flexion du fragment distal)
- Comminution, trait vertical oblique, pôle proximal
- DISI associée (lunatum en extension, angle scapho-lunaire > 60–70°) ; fracture-luxation périlunaire (page 2)
Consolidation
Au scanner : ponts osseux trabéculaires traversant le trait sur au moins la moitié de sa surface = consolidation acquise (ou en bonne voie). Délai habituel 6 à 12 semaines, plus long pour le pôle proximal. Retard de consolidation au-delà de 3 mois ; pseudarthrose au-delà de 6 mois sans pont osseux.
Nécrose du pôle proximal
| Radiographie, scanner | Pôle proximal plus dense que le reste. Piège : une densité relative peut venir de la déminéralisation du reste du carpe (immobilisation) ; fragmentation, affaissement = forme évoluée. |
|---|---|
| IRM | Hyposignal T1 du pôle proximal : évocateur mais non spécifique (œdème, remaniement). L'absence de rehaussement après gadolinium (T1 avec saturation de graisse) est l'argument le plus fiable. |
Pseudarthrose et SNAC
Pseudarthrose : bords du trait scléreux et arrondis, résorption, géodes, écart, souvent déformation en bossu. Évolution arthrosique SNAC (scaphoid nonunion advanced collapse) : I styloïde radiale – pôle distal du scaphoïde ; II + articulation radio-scaphoïdienne (fossette du scaphoïde) ; III + médiocarpienne (capitatum-lunatum). L'articulation radio-lunaire est longtemps préservée.
Pièges
- Scaphoïde bipartite (rare) : deux fragments aux bords lisses corticalisés, souvent bilatéral, sans antécédent ; à distinguer d'une pseudarthrose
- Œdème osseux sans trait en IRM : contusion, pas fracture ; ne pas écrire « fracture » sans trait visible
- Enfant : fracture souvent du pôle distal, incomplète ; ne pas confondre avec les noyaux d'ossification
- Chercher une fracture associée : radius distal, styloïde radiale, autres os du carpe
Ne pas classer sans élément dicté : pas de type de Herbert, d'angle ni de « fracture instable » si ce n'est pas dicté. Une « fracture non déplacée du tiers moyen » (demande 3) reste telle quelle ; ne pas ajouter de risque de nécrose ni de conduite à tenir.