Pneumopéritoine et perforation digestive

Scanner · localiser la perforation · répartition du gaz · pneumopéritoine sans perforation · faux pneumopéritoines
Fiche mémo · urgences digestives
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Scanner en fenêtre pulmonaire (ou large) : bulles sous la paroi antérieure, dans le hile hépatique, le long du ligament rond, dans l'arrière-cavité. Radiographie : croissant sous-diaphragmatique debout, signe de Rigler (les deux faces de la paroi digestive visibles), ligament falciforme dessiné en décubitus.

Localiser la perforation

Signes directsDéfect pariétal visible, contraste oral extraluminal, corps étranger traversant la paroi.
Signes de voisinageBulles regroupées au contact d'un segment, épaississement pariétal focal, infiltration de la graisse, liquide ou abcès localisés : le segment en cause est au centre de ces signes.
Répartition du gazÉvoque
Abondant, étage sus-mésocoliqueEstomac, bulbe (ulcère perforé) : gaz autour du foie, le long du ligament rond et du ligament falciforme, dans l'arrière-cavité.
Peu abondant, racine du mésentèreGrêle : bulles entre les anses, souvent pauvre en gaz.
Pelvien, mésocôlon sigmoïdeSigmoïde (diverticulite, cancer, corps étranger) : bulles au contact, abondant si perforation libre.
RétropéritonéalDuodénum D2–D4 (autour du rein droit, du pancréas), côlon ascendant ou descendant, rectum sous-péritonéal (après endoscopie) : gaz extrapéritonéal, parfois sans pneumopéritoine.
Causes : ulcère gastroduodénal, diverticulite, cancer, ischémie, corps étranger (arête : trait hyperdense linéaire), iatrogène (endoscopie, chirurgie), traumatisme ; œsophage (Boerhaave) : pneumomédiastin, épanchement pleural gauche.

Pneumopéritoine sans perforation chirurgicale

  • Postopératoire : habituel quelques jours (plus long après laparotomie qu'après cœlioscopie), en diminution ; une augmentation est anormale
  • Dialyse péritonéale, paracentèse, gastrostomie ou endoscopie récentes
  • Pneumatose kystique rompue : gaz pariétal kystique, patient peu symptomatique
  • Barotraumatisme sous ventilation : pneumomédiastin qui diffuse vers l'abdomen
  • Origine gynécologique (insufflation, rapports, examen), rare

Faux pneumopéritoines

Interposition colique (Chilaiditi)Côlon entre le foie et le diaphragme : haustrations visibles, le gaz ne bouge pas avec la position.
Graisse sous-diaphragmatique, bases pulmonairesFausse clarté sous la coupole en radiographie ; le scanner tranche.
Gaz intraluminalAnse ou diverticule plein de gaz vu en coupe (diverticule duodénal, côlon) : suivre la paroi sur les coupes voisines.
Gaz dans la paroi abdominaleAprès injection sous-cutanée, chirurgie, drain : extrapéritonéal.
Une petite quantité de gaz peut suffire (grêle, rétropéritoine) : la chercher en fenêtre adaptée, près du segment suspect. À l'inverse, ne pas écrire « perforation » devant un pneumopéritoine postopératoire en diminution, sans autre signe.
Dans le compte-rendu : pneumopéritoine (quantité, répartition), gaz rétropéritonéal ou médiastinal ; siège probable de la perforation et signes qui l'appuient ; liquide, contraste extraluminal, abcès ; cause (ulcère, diverticulite, tumeur, corps étranger). Conclusion : perforation et son siège probable, péritonite ou collection associées.