IRM hypophysaire

Technique dédiée et sémiologie des adénomes
Fiche mémo · neuroradiologie
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Protocole dédié antenne tête, centrage sur la selle turcique

SéquencePlan / paramètresCe qu'on y cherche
T1 spin échoSagittal et coronal, coupes fines 2–3 mm, avant injectionAnatomie de référence, hémorragie spontanée (apoplexie)
T2 spin échoCoronal, coupes fines 2–3 mmKyste, composante liquidienne, chiasma, sinus caverneux
T1 dynamique post-gadoliniumCoronal, une coupe toutes les 20–30 s pendant 2–3 min après injectionMicroadénome : rehaussement plus tardif que le parenchyme sain adjacent
T1 statique post-gadoliniumSagittal et coronal, après la phase dynamiqueExtension globale, rapports avec le chiasma et les sinus caverneux
Options3D T1 volumique, ciné-IRM, séquence de sensibilité (apoplexie)Planification chirurgicale, saignement

Coupes fines indispensables : l'hypophyse mesure quelques millimètres. 3 T améliore la détection des microadénomes de petite taille. Pas de saturation de graisse systématique en pré-contraste (le rehaussement se juge par comparaison au parenchyme sain).

Anatomie normale et repères

  • Hauteur hypophysaire normale : jusqu'à 8–10 mm chez l'adulte, plus chez l'adolescente et la femme enceinte (hyperplasie physiologique).
  • Post-hypophyse : hypersignal T1 spontané normal (« bright spot »), lié à la neurosécrétion ; son absence évoque un diabète insipide central.
  • Tige pituitaire : fine, centrée, diamètre < 3–4 mm, à comparer au pédoncule cérébral basilaire.
  • Sinus caverneux : contient le segment intracaverneux de la carotide interne, III, IV, V1, V2, VI. Le repère d'invasion est la ligne tangente aux bords médial et latéral des segments carotidiens.
Piège classique : la selle turcique vide (arachnoïdocèle intrasellaire) et l'hyperplasie physiologique de l'adolescente ou de la femme enceinte ne doivent pas être confondues avec un macroadénome ou une hypophyse pathologique.

Adénome hypophysaire tumeur la plus fréquente de la région sellaire

Sémiologie IRMPièges
Microadénome
< 10 mm
Lésion intraglandulaire, hyposignal relatif sur le T1 dynamique précoce par rapport au parenchyme sain qui se rehausse plus vite ; peut devenir isosignal ou discrètement hyperT2 sur les séquences tardivesPetite taille : dynamique indispensable, sinon lésion invisible. Bombement focal de la glande ou déviation de la tige = signes indirects
Macroadénome
≥ 10 mm
Masse sellaire et supra-sellaire, isosignal T1, rehaussement progressif homogène ou hétérogène (nécrose, kyste, hémorragie possibles), aspect en « 8 » ou en bissac à travers le diaphragme sellaireChercher le refoulement du chiasma optique et l'envahissement du sinus caverneux (classification de Knosp ci-dessous)
Apoplexie hypophysaireHémorragie ou infarctus aigu d'un adénome, souvent macroadénome préexistant : hypersignal T1 spontané intralésionnel, niveau liquide-liquide possible, œdème et effet de masse rapideUrgence neurochirurgicale si atteinte visuelle ou insuffisance corticotrope aiguë. Rechercher un adénome sous-jacent une fois l'épisode résolu

Classification de Knosp extension au sinus caverneux, grade sur la coupe coronale

Grade 0

Pas de dépassement de la ligne tangente médiale. Pas d'invasion.

Grade 1

Dépasse la ligne médiale, reste en deçà de la ligne médiane inter-carotidienne.

Grade 2

Dépasse la ligne médiane, reste en deçà de la ligne tangente latérale.

Grade 3

Dépasse la ligne tangente latérale, sinus caverneux envahi.

Grade 4

Encerclement complet du segment intracaverneux de la carotide.

Grades 0–1 : invasion peu probable. Grades 3–4 : invasion quasi certaine, résection complète improbable. Grade 2 : zone grise, à confronter à la chirurgie.

Lésions non adénomateuses de la région sellaire

Diagnostic différentiel et aide-mémoire
Fiche mémo · neuroradiologie
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Sémiologie IRMRepères et pièges
Kyste de la poche de RathkeReliquat kystique bénin, souvent découverte fortuite
  • Lésion bien limitée, non rehaussée, intra ou supra-sellaire, entre l'antéhypophyse et la post-hypophyse
  • Signal variable selon le contenu : hyperT2/hypoT1 si mucoïde, ou hyperT1 si protéique
  • Nodule intrakystique non rehaussé possible (contenu protéique dense)
  • Pas de paroi rehaussée, pas de calcification : distingue du craniopharyngiome.
  • Asymptomatique dans la majorité des cas, surveillance simple.
CraniopharyngiomeTumeur épithéliale, pic pédiatrique et pic tardif de l'adulte
  • Adamantinomateux (enfant) : masse kystique et calcifiée, contenu hyperT1 (cristaux de cholestérol), paroi rehaussée, calcifications en SWI/T2*
  • Papillaire (adulte) : plus volontiers solide, moins calcifié
  • Extension supra-sellaire fréquente, refoulement du chiasma, hydrocéphalie possible
  • Le scanner reste utile pour confirmer les calcifications, très évocatrices chez l'enfant.
  • Différentiel avec le kyste de la poche de Rathke : paroi rehaussée et calcifications en faveur du craniopharyngiome.
Méningiome supra-sellaireTubercule de la selle, diaphragme sellaire
  • Masse extra-axiale isosignal au cortex, rehaussement intense et homogène
  • Queue durale et large base d'implantation méningée
  • Glande hypophyse normale identifiable et séparée de la masse (signe utile pour éliminer un adénome)
  • Chercher un liseré de LCS entre la lésion et l'hypophyse : argument contre un adénome.
  • Hyperostose adjacente au scanner osseux si disponible.
Hypophysite lymphocytaireAuto-immune, péripartum ou post-immunothérapie
  • Glande globalement augmentée de volume, symétrique, rehaussement homogène intense
  • Épaississement de la tige pituitaire, perte du hypersignal T1 de la post-hypophyse possible
  • Prise de contraste dure-mérienne adjacente parfois visible
  • Contexte : post-partum, ou sous inhibiteurs de checkpoint (anti-CTLA4 surtout).
  • Diffère de l'adénome par l'atteinte symétrique et diffuse plutôt que focale.
Hyperplasie physiologiqueAdolescence, grossesse, post-partum
  • Glande augmentée de hauteur (jusqu'à 10–12 mm), convexité symétrique du bord supérieur, rehaussement homogène
  • Tige centrée, pas de déviation ni de masse focale
  • Piège fréquent chez l'adolescente et la femme enceinte : ne pas confondre avec un macroadénome.
  • Contrôle à distance du contexte physiologique si doute.
Selle turcique videArachnoïdocèle intrasellaire
  • Selle comblée de LCS, hypophyse aplatie contre le plancher sellaire, tige allongée et parfois déviée mais fine
  • Signal LCS pur, pas de rehaussement pathologique
  • Fréquente, souvent asymptomatique (variante) ; primitive ou secondaire (post-chirurgie, post-radiothérapie, HTIC bénigne).
  • Vérifier l'absence de tissu hypophysaire résiduel pathologique.
Métastase hypophysaireRare, sein et poumon principalement
  • Masse d'évolution rapide, atteinte préférentielle de la post-hypophyse et de la tige (vascularisation systémique directe)
  • Diabète insipide révélateur fréquent, contexte de cancer connu
  • Diabète insipide + masse sellaire chez un patient avec cancer connu : évoquer la métastase avant l'adénome.

Aide-mémoire : du signe au diagnostic

Rehaussement plus tardif que la glande

Microadénome

Masse en « 8 » à travers le diaphragme

Macroadénome

Hypersignal T1 spontané intralésionnel aigu

Apoplexie

Kyste sans paroi rehaussée, sans calcification

Kyste de la poche de Rathke

Kyste calcifié à paroi rehaussée, enfant

Craniopharyngiome adamantinomateux

Extra-axial, queue durale, glande séparée

Méningiome supra-sellaire

Glande symétrique augmentée, tige épaissie

Hypophysite lymphocytaire

Diabète insipide, masse rapide, cancer connu

Métastase hypophysaire
Compte rendu : taille et signal de la lésion, rapport à la tige et au chiasma (distance, refoulement), grade de Knosp si contact avec le(s) sinus caverneux, hauteur et morphologie du reste de la glande, présence du hypersignal T1 post-hypophysaire.