Lithiase urinaire : types, densité, double énergie

Composition et densité · mesurer la densité · scanner double énergie · échographie, radiographie, IRM · grossesse · protocole
Fiche mémo · imagerie urologique
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Composition, densité et visibilité

CalculDensité TDMRadiographieTerrain, aspect
Oxalate de calcium≈ 800 – 1 800 UHTrès opaqueLe plus fréquent (≈ 70 %). Monohydraté (whewellite) : dur, résiste à la lithotritie ; dihydraté (weddellite) : se fragmente mieux.
Phosphate de calcium≈ 1 000 – 1 800 UHTrès opaqueCarbapatite (infection, acidose tubulaire, hyperparathyroïdie) ; brushite : très dure.
Struvite≈ 500 – 900 UHOpaque, souvent lamellaireInfection à germe uréasique (Proteus) ; calcul coralliforme, souvent mêlé de carbapatite.
Cystine≈ 600 – 1 100 UHPeu opaque, « cireux »Cystinurie, sujet jeune, calculs multiples, bilatéraux, récidivants ; homogène, dur.
Acide urique≈ 200 – 500 UHTransparentUrines acides : goutte, syndrome métabolique, diabète. Bien visible au scanner ; dissolution possible par alcalinisation.
Indinavir, matrice< 200 UHTransparentIndinavir : invisible au scanner ; calcul matriciel (infection) de densité tissulaire.
Densités indicatives, qui se chevauchent : la densité oriente ; seules l'analyse du calcul (infrarouge, diffraction X) et, pour l'acide urique, la double énergie donnent la composition. Autres calculs transparents : xanthine, 2,8-dihydroxyadénine, atazanavir.

Mesurer la densité

  • ROI au centre du calcul, en fenêtre osseuse, sur la coupe où il est le plus large ; densité moyenne
  • Un calcul < 4–5 mm paraît moins dense (volume partiel) ; comparer deux examens à kV égal (la densité du calcium monte quand le kV baisse)
  • > 1 000 UH, surtout si le calcul est homogène : lithotritie extracorporelle moins efficace (EAU)
  • Calcul < 500 UH et transparent en radiographie : acide urique probable

Scanner double énergie

  • Principe : acquisition à deux énergies (double source, commutation du kV, détecteur double couche, comptage photonique). Le calcium atténue beaucoup plus à basse énergie ; l'acide urique, presque autant aux deux (rapport ≈ 1). Carte en couleurs propre au constructeur.
  • Ce qu'il fait : séparer acide urique et calculs non uriques, avec une sensibilité et une spécificité proches de 100 % (calculs ≥ 3 mm).
  • Ce qu'il ne fait pas de façon fiable : distinguer oxalate, phosphate et brushite ; cystine et struvite sont intermédiaires ; calculs mixtes (acide urique et oxalate) mal classés.
  • Limites : petits calculs, bruit chez le patient corpulent, champ de vue réduit du second tube (double source : calcul hors champ non analysé), mouvement ; seuils propres à chaque machine.
  • Images sans contraste virtuelles d'un scanner injecté : peuvent effacer les petits calculs ; ne remplacent pas l'acquisition sans injection.

Douleur lombaire : penser aux autres causes

Sans calcul ni dilatation nette, le scanner sans injection peut montrer une autre cause (appendicite, diverticulite, annexe, pyélonéphrite, biliaire). Certaines demandent une injection : infarctus rénal (défect triangulaire, liseré cortical préservé), dissection de l'aorte ou de l'artère rénale, fissuration d'anévrisme aortique, thrombose de la veine rénale. Un calcul caliciel non obstructif n'explique pas forcément la douleur.

Échographie

  • Hyperéchogène avec cône d'ombre, acide urique compris ; artefact de scintillement (« twinkling ») en Doppler couleur, utile pour les petits calculs (faux positifs : calcifications, interfaces rugueuses)
  • Surestime la taille des calculs rénaux ; peu sensible pour l'uretère moyen ; jets urétéraux asymétriques ou absents en Doppler
  • Première intention chez l'enfant, la femme enceinte et en suivi ; dilatation sans calcul visible : scanner

Radiographie arbre urinaire sans préparation

Suivi des calculs opaques connus. Ne voit ni l'acide urique, ni l'indinavir, ni les petits calculs superposés aux os ou aux gaz. Inutile si un scanner sans injection est prévu.

Grossesse EAU 2025

  • Échographie en première intention, IRM en deuxième (calcul = vide de signal dans l'uretère dilaté, en T2), scanner basse dose en dernier recours
  • Dilatation physiologique : à droite surtout, uretère comprimé au détroit supérieur (croisement des vaisseaux iliaques), uretère pelvien fin ; un uretère dilaté sous le détroit oriente vers un obstacle

Protocole

  • Scanner sans injection, basse dose (< 3 mSv ; ultra-basse dose < 1 mSv en suivi), des coupoles à la symphyse pubienne, reconstructions coronales ; dose standard si forte corpulence.
  • Calcul à la jonction urétéro-vésicale : procubitus pour distinguer un calcul enclavé d'un calcul tombé dans la vessie.
  • Injection seulement si doute diagnostique, complication suspectée ou bilan avant geste (anatomie de la voie excrétrice au temps tardif).

Néphrocalcinose dans le parenchyme, pas dans la voie excrétrice

  • Médullaire (pyramides) : hyperparathyroïdie, acidose tubulaire distale, rein en éponge, hypercalciurie, hypervitaminose D, sarcoïdose, furosémide chez le prématuré ; en échographie, pyramides hyperéchogènes, avec ou sans ombre
  • Corticale : nécrose corticale (liseré « en rail »), glomérulonéphrite chronique, Alport, oxalose, rejet de greffe
  • Les deux coexistent souvent avec des calculs : préciser où siège chaque calcification

Terrain anatomique à signaler

Jonction pyélo-urétéraleBassinet dilaté en amont d'une jonction fine, parfois croisée par un vaisseau polaire inférieur ; calculs de stase.
Rein en fer à cheval, ectopiqueJonction haute, calices tournés en arrière : lithotritie et accès percutané plus difficiles.
Diverticule calicielCavité reliée à un calice par un collet fin ; calculs ou lait calcique.
Rein en épongeEctasie des tubes collecteurs : néphrocalcinose médullaire, petits calculs papillaires, aspect « en bouquet » au temps excréteur.
AutresDuplicité, urétérocèle, méga-uretère, dérivation urinaire, vessie neurologique, sonde à demeure.

Lithiase urinaire : décrire, mesurer, avant traitement

Taille et charge lithiasique · expulsion spontanée · dilatation (SFU) · ce que l'urologue regarde · urgences · faux calculs · compte-rendu
Fiche mémo · imagerie urologique
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Mesurer le calcul

  • Grand axe en fenêtre osseuse (la fenêtre des parties molles agrandit le calcul), dans le plan où il est le plus long (axial ou coronal) ; 3 axes pour un gros calcul
  • Calcul urétéral : grand axe et largeur dans le plan axial, qui prédit le mieux l'expulsion
  • Calculs multiples : nombre et taille de chacun, ou charge lithiasique (somme des grands axes, volume)
  • Coralliforme : partiel (bassinet et une partie des calices) ou complet (bassinet et tous les calices)

Scanner : signes utiles

  • Signe de l'anneau (« rim sign ») : couronne de paroi urétérale épaissie autour de la calcification = calcul urétéral.
  • Signe de la comète : calcification prolongée d'une queue tissulaire (veine) = phlébolithe, souvent à centre clair, sous le trajet urétéral.
  • Obstruction : dilatation d'amont, infiltration de la graisse péri-rénale et péri-urétérale, néphromégalie, rein moins dense du côté obstrué.
  • Sites d'arrêt : jonction pyélo-urétérale, croisement des vaisseaux iliaques, jonction urétéro-vésicale (le plus fréquent).

Expulsion spontanée d'un calcul urétéral

  • ≤ 5 mm : ≈ 70 % (davantage encore ≤ 4 mm) · 5 à 10 mm : ≈ 50 % · > 10 mm : faible
  • Plus probable pour un calcul distal que proximal (ordres de grandeur de méta-analyses)

Dilatation des cavités grades SFU

0Pas de dilatation.
1Dilatation du bassinet seul, calices non dilatés.
2Bassinet dilaté et quelques calices dilatés.
3Dilatation de tous les calices, parenchyme d'épaisseur conservée.
4Dilatation majeure avec amincissement du parenchyme.
Society for Fetal Urology, utilisée aussi chez l'adulte. Suivi : diamètre antéro-postérieur du bassinet (plan transverse, en intrarénal).

Urgences à signaler

  • Fièvre avec obstacle : pyélonéphrite obstructive, drainage en urgence.
  • Rein unique, obstruction bilatérale, anurie.
  • Rupture de la voie excrétrice : épanchement péri-rénal, urinome (fuite au temps excréteur si injecté).
  • Abcès rénal ou péri-rénal, pyonéphrose (contenu dense, niveau).

Vessie

Calcul vésical : stase (obstacle sous-vésical, diverticule, vessie neurologique, entérocystoplastie) ou corps étranger (sonde, fil) ; mobile en procubitus. Calcification de la paroi : bilharziose, tuberculose, cystite incrustée, tumeur.

Avant traitement : ce que l'urologue regarde

Lithotritie extracorporelleDensité > 1 000 UH, distance peau-calcul > 10 cm, calcul dur (oxalate monohydraté, brushite, cystine). Pôle inférieur : angle infundibulo-pelvien < 70°, tige calicielle longue (> 3 cm) ou étroite (≤ 5 mm) = défavorables.
UrétéroscopieSiège et taille, uretère d'aval (sténose, autre calcul), anatomie (duplication, rein en fer à cheval, dérivation).
Néphrolithotomie percutanéeCalculs > 2 cm, coralliformes. Côlon rétro-rénal, rate ou foie bas situés, calices atteints, dilatation.

S.T.O.N.E. complexité avant néphrolithotomie, de 5 à 13 points

CritèrePoints
Surface (grand axe × largeur) : < 400 · 400–799 · 800–1 599 · ≥ 1 600 mm²1 · 2 · 3 · 4
Distance peau-calcul : ≤ 100 · > 100 mm1 · 2
Obstruction : absente ou minime · modérée ou sévère1 · 2
Calices atteints : 1–2 · 3 · coralliforme1 · 2 · 3
Densité : ≤ 950 · > 950 UH1 · 2

Après traitement

  • Fragments résiduels : siège et taille (traités au-delà de 4 mm, EAU) ; empierrement urétéral (steinstrasse) après lithotritie
  • Hématome sous-capsulaire ou péri-rénal après lithotritie ; urinome, fistule, hémorragie après néphrolithotomie
  • Sonde double J : boucles dans le bassinet et la vessie, migration, incrustation (sonde ancienne)

Faux calculs et calculs cachés

  • Phlébolithe (centre clair, signe de la comète), calcification vasculaire (artère rénale, anévrisme), ganglion calcifié, appendicolithe
  • Néphrocalcinose (page 1), plaques de Randall, calcifications papillaires
  • Lait calcique d'un diverticule caliciel (niveau déclive qui bouge avec la position), produit de contraste excrété d'un examen récent, paroi de kyste calcifiée
  • Calcul invisible (indinavir) devant une dilatation sans cause ; calcul tombé dans la vessie (procubitus)
Dans le compte-rendu, pour chaque calcul : côté, siège (calice, bassinet, uretère lombaire, iliaque ou pelvien, jonction urétéro-vésicale), taille (grand axe, en mm), densité (UH) ; dilatation d'amont (grade, diamètre du bassinet), infiltration de la graisse ; autres calculs, homo- et controlatéraux ; complications. Avant lithotritie : distance peau-calcul ; avant néphrolithotomie : position du côlon.
Ne pas affirmer la composition : la densité oriente (« calcul peu dense, compatible avec un calcul d'acide urique ») ; « acide urique » seulement avec la double énergie ou l'analyse. Pas de densité, de grade de dilatation ni de distance peau-calcul non dictés.