Masses kystiques rénales : classification de Bosniak 2019

Scanner et IRM en protocole rénal · critères, prise en charge, rédaction du compte-rendu
Fiche mémo · imagerie urologique
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ClasseCritères (paroi et cloisons lisses sauf mention contraire)MalignitéPrise en charge
I Paroi fine (≤ 2 mm) et lisse, contenu liquidien homogène (−9 à 20 UH), ni cloison ni calcification. La paroi peut se rehausser.
IRM : hypersignal T2 homogène, paroi fine.
≈ 0 % Aucun suivi
II Six situations, toutes bien limitées à paroi fine et lisse :
  1. 1 à 3 cloisons fines (≤ 2 mm), paroi et cloisons pouvant se rehausser ; calcifications de tout type possibles
  2. Masse homogène hyperdense ≥ 70 UH sans injection
  3. Masse homogène > 20 UH non rehaussée en protocole rénal (calcifications possibles)
  4. Masse homogène de −9 à 20 UH sans injection
  5. Masse homogène de 21 à 30 UH au temps portal
  6. Masse homogène hypodense trop petite pour être caractérisée
IRM : masse homogène en hypersignal T2 franc (proche du LCS) ou en hypersignal T1 franc (≈ 2,5 × le parenchyme) sans injection.
≈ 0 % Aucun suivi
IIF Paroi rehaussée minimement épaissie (3 mm) et lisse, ou cloison(s) rehaussée(s) minimement épaissie(s) (3 mm) et lisse(s), ou ≥ 4 cloisons fines (≤ 2 mm) rehaussées.
IRM : également masse hétérogène en hypersignal T1 avec saturation de la graisse sans injection.
≈ 10 % Surveillance TDM ou IRM à 6 mois, 12 mois, puis annuelle pendant 5 ans. Surclasser si épaississement ou apparition d'un nodule
III Une ou plusieurs parois ou cloisons rehaussées épaisses (≥ 4 mm) ou irrégulières (protrusion convexe ≤ 3 mm à bords obtus). ≈ 50 % Avis urologique : chirurgie (néphrectomie partielle), ablation ou surveillance active selon le terrain
IV Un ou plusieurs nodules rehaussés : protrusion convexe ≥ 4 mm à bords obtus, ou protrusion convexe de toute taille à bords aigus. ≈ 90 % Traitement (chirurgie ou ablation) ; surveillance active discutée chez le sujet âgé ou fragile
Champ d'application. Masse kystique = moins de 25 % de composante tissulaire rehaussée (au-delà : masse solide, hors Bosniak). Ne s'applique pas aux lésions infectieuses, inflammatoires ou vasculaires, ni à un patient porteur d'un cancer rénal connu ou d'une prédisposition génétique (von Hippel-Lindau…). Les calcifications ne modifient pas la classe : elles comptent seulement si elles gênent l'analyse du rehaussement.

Définitions

Paroi / cloison fine
≤ 2 mm
Minimement épaissie
3 mm
Épaisse
≥ 4 mm
Irrégularité
protrusion convexe ≤ 3 mm, bords obtus → III
Nodule
≥ 4 mm à bords obtus, ou toute taille à bords aigus → IV
Cloisons « peu nombreuses »
1 à 3 ; « nombreuses » : ≥ 4
Rehaussement TDM
≥ 20 UH : franc ; 10 à 19 UH : équivoque
Rehaussement IRM
visible sur les séquences injectées, confirmé par soustraction

Protocole

Scanner

Acquisition sans injection puis au temps néphrographique (≈ 100 s) ; mesurer les densités avant et après injection au même endroit, ROI couvrant au moins les deux tiers de la lésion.

IRM

T2, T1 en et hors phase, T1 avec saturation de la graisse avant et après injection dynamique, soustractions. L'IRM montre plus de cloisons que le scanner : elle peut surclasser une lésion (II → IIF).

Échographie

Classification non validée. Kyste anéchogène, paroi fine, renforcement postérieur : kyste simple, sans suivi. Tout kyste atypique : scanner ou IRM en protocole rénal.
Dans le compte-rendu : côté, siège, taille ; épaisseur et régularité de la paroi ; nombre et épaisseur des cloisons ; nodule (taille, bords) ; densité avant et après injection ou signal ; rehaussement ; puis la classe. Sans temps injecté ni séquence adaptée, une lésion hétérogène n'est pas classable : le dire plutôt que classer.