Aorte : syndromes aortiques aigus

Angioscanner synchronisé à l'ECG · dissection (Stanford, DeBakey, zones SVS/STS), hématome intramural, ulcère pénétrant · pièges
Fiche mémo · imagerie vasculaire
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Dissection : classifications

AStanford A : aorte ascendante atteinte, quelle que soit la porte d'entrée (= DeBakey I : ascendante et au-delà ; DeBakey II : ascendante seule)
BStanford B : aorte ascendante respectée (= DeBakey III : IIIa thoracique, IIIb étendue sous le diaphragme)

SVS / STS 2020 : type selon la porte d'entrée, extension en zones

A : porte d'entrée en zone 0 · B : porte d'entrée en zone 1 ou au-delà, notée Bzone proximale, zone distale (ex. B1,9 ; B0 si extension rétrograde à la zone 0) · I (indéterminé) : porte non vue, zone 0 atteinte.
0 aorte ascendante jusqu'au tronc artériel brachiocéphalique · 1 jusqu'à la carotide commune gauche · 2 jusqu'à la sous-clavière gauche · 3 2 premiers cm de l'aorte descendante · 4 jusqu'à T6 · 5 jusqu'au tronc cœliaque · 6 jusqu'à l'AMS · 7 jusqu'à l'artère rénale la plus haute · 8 segment des artères rénales · 9 aorte sous-rénale · 10 iliaques communes · 11 iliaques externes. Chronologie : hyperaiguë < 24 h, aiguë 1–14 j, subaiguë 15–90 j, chronique > 90 j.

Vrai et faux chenal

Faux chenalVrai chenal
Souvent plus large, opacification plus tardive ou hétérogène, signe du bec (angle aigu à la jonction voile–paroi), toiles d'araignée (filaments), enroule le vrai chenal, grande courbureEn continuité avec l'aorte non disséquée, plus petit, opacifié précocement ; calcifications intimales déplacées vers la lumière

Malperfusion et complications

Malperfusion : statique (voile étendu dans l'artère branche, thrombose) ou dynamique (voile prolabé devant l'ostium, vrai chenal collabé) ; noter pour chaque branche (troncs supra-aortiques, tronc cœliaque, AMS, rénales, iliaques) : perméable par le vrai, le faux chenal ou les deux, et les organes hypoperfusés. Complications : hémopéricarde, hémomédiastin, hémothorax (> 30 UH), extension aux coronaires, rupture.

Hématome intramural et ulcère pénétrant

Hématome intramuralÉpaississement pariétal en croissant, lisse, ≥ 5 mm, hyperdense sans injection, sans voile ni flux ; calcifications intimales refoulées vers la lumière. Évolution défavorable si épaisseur > 10 mm, aorte > 50 mm, ulcération associée.
Ulcère pénétrantUlcération d'une plaque athéromateuse au-delà de l'intima, sur une aorte athéromateuse, souvent descendante ; risque si profondeur > 10 mm ou largeur > 20 mm, hématome associé.

Pièges et diagnostics différentiels

  • Artéfact de pulsation de l'aorte ascendante (sans synchronisation ECG) : fausse ligne courbe à gauche et à droite de la racine, aux mêmes positions « horaires » ; disparaît avec l'ECG
  • Artéfacts de stries du produit de contraste dans la veine cave supérieure ou le tronc veineux brachiocéphalique : faux voile de l'aorte ascendante ou de l'arche
  • Récessus péricardique supérieur (liquidien, contre l'aorte ascendante) : faux hématome intramural ou faux faux-chenal
  • Épaississement athéromateux ou thrombus mural : irrégulier, calcifié en surface, non hyperdense sans injection, calcifications en dehors (dans l'hématome intramural, elles sont refoulées vers la lumière)
  • Aortite (Takayasu, artérite à cellules géantes, IgG4) : épaississement circonférentiel rehaussé au temps tardif, non hyperdense sans injection
  • Faux chenal thrombosé ou hématome intramural ? Un voile ou un chenal circulant ailleurs signe la dissection
Le temps sans injection est indispensable (hématome intramural, calcifications) et la synchronisation ECG évite le faux voile de la racine. Stanford dépend de l'extension à l'aorte ascendante (extension rétrograde depuis une porte descendante = type A) ; SVS/STS dépend de la porte d'entrée (même situation = B0). Préciser la classification utilisée.
Dans le compte-rendu : type (Stanford ; zones proximale et distale), porte(s) d'entrée, extension, diamètres maximaux, chenal de chaque branche, malperfusion, épanchements ; hématome intramural (épaisseur, diamètre), ulcère (profondeur, largeur). Conclusion : type et extension, malperfusion, signes de rupture.

Aorte : anévrisme et endoprothèse

Mesure · seuils · signes de rupture imminente · anévrisme inflammatoire ou infectieux · fistule aorto-digestive · endofuites
Fiche mémo · imagerie vasculaire
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Mesurer

Diamètre maximal externe à externe, perpendiculaire à la ligne centrale (reconstructions doubles obliques ou curvilignes), jamais sur une coupe axiale d'une aorte tortueuse (surestimation). Toujours à la même méthode que l'examen précédent ; donner la croissance en mm par an. Aorte thoracique : mesures aux niveaux standard (sinus, jonction sino-tubulaire, ascendante à la bifurcation pulmonaire, arche, isthme, descendante, hiatus).
Anévrisme de l'aorte abdominaleSeuils (ESVS 2024)
Définition≥ 30 mm
Surveillance indicativeHomme : 25–29 mm : 5 ans · 30–39 mm : 3 ans · 40–49 mm : 1 an · ≥ 50 mm : 6 mois
Discussion d'un traitement≥ 55 mm (homme), ≥ 50 mm (femme) ; croissance rapide (≥ 10 mm/an), symptômes
Aorte ascendante : seuil chirurgical usuel 55 mm, plus bas en cas de Marfan, de bicuspidie ou d'histoire familiale. Seuils de traitement : information pour le lecteur, pas une conduite à tenir à écrire au compte-rendu.

Rupture et rupture imminente

  • Rupture : hématome rétropéritonéal (espace pararénal antérieur, périrénal), extravasation
  • Croissant hyperdense dans le thrombus mural ou la paroi (sans injection) : hémorragie récente, signe le plus précoce
  • Aorte « drapée » : paroi postérieure indistincte, moulée sur le rachis
  • Interruption focale des calcifications pariétales, bourgeon de la paroi

Diagnostics à ne pas confondre

Anévrisme inflammatoireManchon tissulaire périaortique rehaussé, respectant la face postérieure, engainant les uretères (attirés en dedans), hydronéphrose. Ne pas confondre avec un hématome (hyperdense, sans rehaussement) ni une fibrose rétropéritonéale (pas d'anévrisme).
Anévrisme infectieuxSacciforme, lobulé, siège atypique, croissance rapide, infiltration ou gaz périaortique, contexte septique.
Fistule aorto-digestiveAprès prothèse surtout : perte du plan graisseux avec D3–D4, gaz périprothétique persistant (au-delà de quelques semaines), extravasation dans le tube digestif, sang dans la lumière.

Endoprothèse (EVAR) : endofuites

IAu niveau d'une zone d'ancrage : Ia proximale, Ib distale, Ic occluseur iliaque
IIRétrograde par une artère lombaire ou la mésentérique inférieure ; la plus fréquente, souvent visible au temps tardif seul ; significative si le sac grossit
IIIDéconnexion des modules ou déchirure du tissu
IVPorosité du tissu, précoce et transitoire
VEndotension : croissance du sac sans fuite visible
Protocole : sans injection (calcifications, matériel hyperdense qui imite une fuite), artériel, tardif. Croissance du sac ≥ 5 mm = significative.
Dans le compte-rendu : diamètre maximal (méthode, niveau), comparaison et croissance ; collet (longueur, diamètre, angulation), rapports avec les rénales, extension iliaque ; thrombus ; signes de rupture ou de rupture imminente ; EVAR : type d'endofuite, diamètre du sac. Conclusion : diamètre, évolution, signes de complication.