Taille
Plus grand axe (échographie ou scanner, coupe coronale) : ≤ 12–13 cm chez l'adulte ; splénomégalie au-delà de 13 cm ; massive au-delà d'environ 20 cm ou si la rate descend dans le pelvis. Pôle inférieur qui dépasse le rebord costal et le pôle inférieur du rein gauche : argument simple au scanner.
| Hypertension portale | Cirrhose, thrombose porte ou splénique ; voies de dérivation, ascite (cf. fiche Hypertension portale). Nodules de Gamna-Gandy : petits foyers en hyposignal T2* (dépôts d'hémosidérine). |
|---|---|
| Hémopathies | Lymphome, leucémies, syndromes myéloprolifératifs (myélofibrose, leucémie myéloïde chronique : rates massives), hémolyse, thalassémie. |
| Infections | Mononucléose (risque de rupture), endocardite, paludisme, leishmaniose viscérale (pourtour méditerranéen), tuberculose, VIH. |
| Autres | Maladie de Gaucher (nodules), sarcoïdose, amylose, congestion (insuffisance cardiaque droite). |
Variantes et pièges
| Temps artériel | Rehaussement hétérogène, zébré ou arciforme normal (pulpe rouge et blanche) : ne pas le prendre pour un infarctus, une lacération ou des nodules. Juger la rate au temps portal, où elle devient homogène. |
|---|---|
| Rate accessoire | Nodule rond, souvent < 2–3 cm, près du hile ou de la queue du pancréas, qui se comporte comme la rate à tous les temps. Intrapancréatique : piège avec une tumeur neuroendocrine (IRM, diffusion, scintigraphie aux hématies altérées). |
| Splénose | Implants spléniques après traumatisme ou splénectomie : nodules péritonéaux, pleuraux, même comportement que la rate (cf. fiche Carcinose). |
| Forme, position | Rate lobulée, fente, lobe médial qui mime une masse du rein ou de la surrénale ; rate baladeuse (risque de torsion : rate ectopique, hypodense, pédicule en tourbillon) ; poly- ou asplénie (hétérotaxie). |
Vaisseaux
- Anévrisme de l'artère splénique : femme, grossesse, hypertension portale ; rupture plus probable au-delà de 2 cm, en cas de croissance ou de grossesse. Faux anévrisme (pancréatite, traumatisme) : risque de rupture quelle que soit la taille.
- Thrombose de la veine splénique (pancréatite, cancer du pancréas) : hypertension portale segmentaire, varices gastriques isolées, splénomégalie.
Lésions focales
| Infarctus | Triangulaire ou cunéiforme, à base capsulaire, non rehaussé, liseré capsulaire conservé ; embolie (fibrillation atriale, endocardite), hémopathie, drépanocytose, torsion. Devient hétérogène puis se rétracte ; infarctus étendu ou rate entière : torsion, thrombose. Complication : abcès, rupture. |
|---|---|
| Abcès | Collection à paroi rehaussée, parfois gaz ; endocardite, immunodépression. Micro-abcès multiples (< 1 cm) : candidose, tuberculose, bartonellose — en cible en échographie. |
| Kystes | Épidermoïde (vrai kyste, paroi fine, parfois trabéculée) ; pseudokyste post-traumatique ou post-pancréatite (paroi parfois calcifiée) ; hydatique (membrane, vésicules filles, calcifications ; zone d'endémie). |
| Hémangiome | Tumeur bénigne la plus fréquente ; aspect variable (solide, kystique, calcifié), rehaussement parfois centripète comme dans le foie. |
| Hamartome | Nodule solide, discrètement différent de la rate, rehaussement hétérogène qui s'homogénéise au temps tardif. |
| Lymphangiome | Lésion kystique multiloculée, souvent sous-capsulaire, enfant ou adulte jeune. |
| Lymphome | Tumeur maligne la plus fréquente : rate augmentée homogène (forme diffuse), nodules hypodenses ou masse ; adénopathies associées. |
| Métastases | Rares : mélanome, sein, poumon, ovaire ; implants de la capsule en cas de carcinose. |
| Sarcoïdose | Multiples petits nodules hypodenses, splénomégalie, adénopathies abdominales et thoraciques. |
| Angiosarcome | Rare, primitif : masse hétérogène, hémorragique, rupture ; métastases hépatiques. |
Lésion splénique fortuite : homogène, liquidienne ou à peine perceptible, contours nets, sans rehaussement chez un patient sans cancer : bénigne, sans suivi. Hétérogène, mal limitée, nécrotique, rehaussée, ou contexte néoplasique : IRM ou TEP, voire biopsie. Ne pas qualifier de « kyste » une lésion à 30 UH sur un seul temps.
Dans le compte-rendu : plus grand axe en centimètres ; homogénéité au temps portal ; lésions (nombre, taille, densité ou signal, rehaussement, forme et base capsulaire pour un infarctus) ; hile (rate accessoire, varices), artère et veine spléniques ; traumatisme : lacération, hématome sous-capsulaire, extravasation active, faux anévrisme et grade AAST (cf. fiche Traumatisme abdominal). Conclusion : splénomégalie chiffrée sans cause inventée ; nommer une lésion seulement si son aspect est caractéristique (infarctus, kyste simple, rate accessoire).