Démarche en quatre questions
| 1. Étendue | En segments vertébraux sur le sagittal T2. Courte : moins de 3 segments ; longitudinalement étendue (LETM) : 3 segments contigus ou plus. Nombre de lésions, niveau, cône médullaire. |
|---|---|
| 2. Topographie axiale | Périphérique ou centrale ; substance blanche ou grise ; quels cordons ; part de la section (moins ou plus de la moitié). Schéma ci-dessous. |
| 3. Signal et rehaussement | Gonflement ; hyposignal T1 ; « bright spotty lesions » (spots très hyperintenses T2) ; diffusion ; forme du rehaussement (nodulaire, en anneau, subpial, linéaire, en galette) ; vaisseaux périmédullaires. |
| 4. Contexte | Mode d'installation (brutal, aigu, progressif) ; cerveau, nerfs optiques, area postrema ; canal rachidien (compression) ; liquide cérébrospinal et anticorps (hors imagerie). |
Technique IRM
Au moins 1,5 T ; moelle cervicale et dorsale jusqu'au cône (fistule durale, MOGAD).
- Sagittal T2 et densité de protons (ou STIR) : deux contrastes sagittaux, plus sensibles pour les petites lésions de SEP ; coupes de 3 mm au plus (consensus MAGNIMS-CMSC-NAIMS 2021).
- Axial T2 sur chaque lésion : topographie axiale. Sagittal T1 : hyposignal, moelle osseuse (infarctus vertébral, métastases).
- T1 après gadolinium, sagittal et axial : présence et forme du rehaussement.
- Diffusion si l'installation est brutale (infarctus).
- Fistule durale suspectée : T2 3D haute résolution (vaisseaux périmédullaires) et angio-IRM dynamique.
- Selon le contexte : encéphale (FLAIR, T2, T1 après gadolinium) et nerfs optiques (coronal T2 avec saturation de graisse ou STIR, T1 après gadolinium).
Topographie axiale coupe axiale, antérieur en haut
En ocre : hypersignal T2 (rehaussement pour la sarcoïdose). Profils typiques, recouvrements fréquents. Schéma, pas à l'échelle.
LETM n'est pas synonyme de NMOSD : une lésion de 3 segments ou plus se voit aussi dans la MOGAD, la sarcoïdose, l'infarctus, la fistule durale, la carence en B12, les syndromes paranéoplasiques et les tumeurs. Inversement, une NMOSD peut débuter par une lésion courte (environ 15 % des premiers épisodes).
Causes inflammatoires
| SEP | Définition : maladie inflammatoire démyélinisante chronique du système nerveux central, par poussées ou progressive ; diagnostic par les critères de McDonald 2017 (dissémination dans l'espace et dans le temps ; une lésion médullaire y compte, cf. fiche SEP). IRM : lésions courtes (moins de 3 segments, au moins 3 mm ; LETM rare chez l'adulte), souvent multiples, périphériques, en coin, cordons latéraux ou postérieurs, moins de la moitié de la section, peu ou pas de gonflement ; cervicales surtout ; hyposignal T1 rare. Rehaussement nodulaire ou en anneau ouvert, disparaît en 8 semaines environ. Formes progressives : atrophie, anomalies diffuses. Lésions cérébrales périventriculaires, juxtacorticales, sous-tentorielles. |
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| NMOSD à anti-AQP4 | Définition : astrocytopathie auto-immune à anticorps anti-aquaporine 4 ; névrites optiques sévères, myélites, syndrome de l'area postrema (hoquet, vomissements) ; critères IPND 2015 ; surtout la femme, parfois avec un lupus ou un Sjögren. IRM : LETM centrale, substance grise et blanche, plus de la moitié de la section, gonflement ; hyposignal T1 (environ 70 % des lésions aiguës) ; bright spotty lesions (30 à 50 %) ; rehaussement en anneau, en lentille sur le sagittal ; extension au bulbe et à l'area postrema. Séquelle : atrophie segmentaire. Encéphale : lésions péri-épendymaires (3e et 4e ventricules), faisceaux corticospinaux. Névrite optique longue, postérieure, chiasmatique. |
| MOGAD | Définition : maladie démyélinisante à anticorps anti-MOG (glycoprotéine de la myéline de l'oligodendrocyte), enfant et adulte jeune ; ADEM chez l'enfant, névrites optiques souvent bilatérales, myélites ; critères internationaux de 2023. IRM : lésions longues (60 à 80 %) ou courtes, souvent multiples ; signe du H (substance grise seule, environ 30 %), ligne centrale sur le sagittal ; cône médullaire fréquemment atteint ; rehaussement absent ou discret (parfois leptoméningé) ; IRM initiale normale dans environ 10 % ; résolution complète fréquente. Encéphale : lésions floues, noyaux gris, encéphalite corticale. Névrite optique antérieure, œdème papillaire, rehaussement périneural. |
| Sarcoïdose | Définition : granulomatose systémique non caséeuse ; atteinte neurologique chez une minorité de patients, parfois révélatrice. IRM : souvent longue, gonflement ; rehaussement subpial dorsal sur au moins 2 segments, en trident sur l'axial (avec le canal central) ; nodules intramédullaires rehaussés ; rehaussement qui persiste plus de 2 mois (plus de 90 %) ; épaississement méningé et des racines. Chercher adénopathies médiastinales (scanner, TEP). |
Les diagnostics de SEP, NMOSD et MOGAD reposent sur des critères cliniques, biologiques (anticorps anti-AQP4 et anti-MOG) et d'imagerie : l'IRM oriente, elle ne suffit pas. Autres myélites (infections, paranéoplasique, ADEM) : page 2.