Glandes salivaires : repères, lithiase, sialadénites

Lobes de la parotide · canaux de Sténon et de Wharton · taille · lithiase · sialadénites aiguës et chroniques · Sjögren · IgG4 · kystes et ranula
Fiche mémo · ORL
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Repères

ParotideLobes superficiel et profond séparés par le plan du nerf facial, invisible en imagerie ; repère : la veine rétromandibulaire (une lésion en dehors d'elle est dans le lobe superficiel, en dedans dans le lobe profond). Le lobe profond s'étend vers l'espace parapharyngé préstylien : une tumeur y élargit l'espace stylo-mandibulaire et refoule la graisse parapharyngée en dedans. Ganglions intraparotidiens normaux (ovalaires, hile graisseux). Glande accessoire fréquente sur le masséter, le long du canal.
Canal de SténonCroise le masséter, perfore le buccinateur, s'abouche en regard de la 2e molaire supérieure.
Sous-mandibulaireContourne le bord postérieur du muscle mylohyoïdien ; canal de Wharton au-dessus du mylohyoïdien jusqu'à la caroncule sublinguale.
SublingualeAu-dessus du mylohyoïdien, contre la mandibule (espace sublingual).

Taille et aspect normal

Pas de norme de taille consensuelle : comparer au côté opposé (asymétrie, échostructure, rehaussement). Échographie : glande homogène, plus échogène que les muscles. Scanner : parotide de plus en plus graisseuse avec l'âge, sous-mandibulaire plus dense. Canaux normalement fins (de l'ordre du millimètre), à peine visibles : un canal visible, rempli de liquide, est dilaté.

Lithiase

  • Surtout sous-mandibulaire (80 à 90 % : salive plus épaisse, canal ascendant), parotidienne dans 10 à 20 %.
  • Échographie : calcul hyperéchogène avec cône d'ombre, canal dilaté en amont. Scanner sans injection : le plus sensible pour les petits calculs et les calculs multiples.
  • Retentissement : sialadénite aiguë, abcès, sténose canalaire ; glande chronique petite et hétérogène.
  • Pièges : phlébolithe d'une malformation veineuse, calcification ganglionnaire ou artérielle (artère faciale, carotide), calcifications parenchymateuses (Sjögren, VIH) : vérifier que la calcification est dans le canal.

Sialadénites

Aiguë bactérienneParotide surtout, sujet âgé, déshydraté ou opéré : glande augmentée, hétérogène, hyperhémiée ; chercher calcul, abcès, cellulite.
ViraleOreillons et autres virus : parotides bilatérales, homogènes, augmentées.
Chronique lithiasiqueGlande petite, hétérogène, canal irrégulier, dilaté par endroits.
Parotidite récidivante juvénileEnfant : multiples petites zones hypoéchogènes (sialectasies), guérit le plus souvent à la puberté.
SjögrenBilatérale et symétrique : multiples zones hypo- ou anéchogènes, aspect en « nid d'abeille », calcifications tardives. Score échographique OMERACT par glande : 0 normal ; 1 hétérogénéité discrète ; 2 zones hypoéchogènes multiples, parenchyme normal restant ; 3 atteinte diffuse sans parenchyme normal ; 2 ou 3 évoquent un Sjögren. Nodule dominant ou glande qui grossit : lymphome (MALT).
IgG4Sous-mandibulaires bilatérales, augmentées, hypoéchogènes (ancienne « tumeur de Küttner ») ; chercher une atteinte du pancréas, des orbites, du rétropéritoine.
AutresSarcoïdose (syndrome de Heerfordt : parotidite, uvéite, paralysie faciale) ; VIH : kystes lymphoépithéliaux parotidiens bilatéraux, hyperplasie lymphoïde, adénopathies ; sialose : hypertrophie bilatérale homogène non inflammatoire (alcool, diabète, troubles alimentaires) ; pneumoparotide (air dans les canaux).

Kystes

  • Ranula : simple, dans l'espace sublingual ; plongeante si elle franchit le mylohyoïdien vers l'espace sous-mandibulaire, avec un prolongement en « queue » vers l'espace sublingual (diagnostic différentiel : kyste dermoïde, lymphangiome).
  • Kyste de la première fente branchiale (type Work) : enfant, parotide ou près du conduit auditif externe. Sialocèle : après traumatisme ou chirurgie. Kystes lymphoépithéliaux : VIH.
Ne pas nommer une maladie de système sans élément dicté : un aspect hétérogène bilatéral peut évoquer un Sjögren, mais le diagnostic est clinique et biologique ; décrire, et donner le score par glande seulement s'il est dicté ou demandé.

Glandes salivaires : tumeurs

Fréquence selon la glande · adénome pléomorphe, Warthin, carcinomes en échographie et en IRM · technique IRM · arguments pour la malignité · diffusion · pièges · compte-rendu
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Fréquence selon la glande

La plupart des tumeurs naissent dans la parotide, bénignes dans environ 80 % des cas. Sous-mandibulaire : près de la moitié sont malignes. Sublinguale et glandes salivaires accessoires (palais) : majorité de tumeurs malignes. Plus la glande est petite, plus une tumeur a de chances d'être maligne.

Principales tumeurs

Adénome pléomorpheTumeur la plus fréquente, femme de 30 à 60 ans, lobe superficiel le plus souvent.
Écho : nodule hypoéchogène homogène, bien limité, contours lobulés, renforcement postérieur (aspect pseudo-kystique), peu vascularisé (vaisseaux périphériques) ; calcifications possibles s'il est ancien.
IRM : hyposignal T1 ; très hyperintense T2, lobulé, liseré capsulaire en hyposignal ; rehaussement progressif, homogène au temps tardif ; ADC élevé (moyenne de l'ordre de 1,9 × 10−3 mm²/s). Lobe profond : forme en haltère à travers l'espace stylo-mandibulaire.
Récidive : nodules multiples dans le lit opératoire. Zone infiltrante, T2 et ADC bas dans un adénome ancien ou qui grossit vite : carcinome ex-adénome pléomorphe.
Tumeur de WarthinHomme de plus de 50 ans, fumeur ; pôle inférieur de la parotide ; multiple ou bilatérale (environ 10 à 15 %) ; presque toujours parotidienne.
Écho : nodule ovalaire, bien limité, hétérogène, hypoéchogène avec plages anéchogènes (kystes) et cloisons, aspect spongieux ; vascularisation souvent marquée.
IRM : spots en hypersignal T1 (contenu protéique des kystes) ; partie solide en T2 intermédiaire à bas, kystes hyperintenses ; ADC bas (moyenne de l'ordre de 0,9 × 10−3 mm²/s) ; rehaussement rapide puis lavage rapide. Fixe en TEP-FDG et en scintigraphie au technétium.
Autres bénignesOncocytome (fixe aussi le technétium), adénome à cellules basales, lipome (graisse pure), schwannome du nerf facial (dans l'axe du nerf, peut gagner le foramen stylomastoïdien), hémangiome du nourrisson (très vascularisé), malformation lymphatique (kystes multiloculés).
CarcinomesMucoépidermoïde (le plus fréquent ; bas grade d'aspect bénin, contingent kystique hyperintense T2) ; adénoïde kystique (extension périnerveuse, parfois à distance de la tumeur le long du VII ou du V3 ; sous-mandibulaire et glandes accessoires) ; carcinome à cellules acineuses ; carcinome canalaire salivaire (homme âgé, agressif) ; carcinome ex-adénome pléomorphe.
Écho : hypoéchogène, hétérogène, contours irréguliers ou flous, vascularisation anarchique, adénopathies ; un bas grade peut être bien limité.
IRM : T2 intermédiaire à bas (tumeur cellulaire), contours infiltrants, ADC bas à intermédiaire (moyenne de l'ordre de 1,1 × 10−3 mm²/s), rehaussement précoce avec lavage faible (plateau).
Autres malignesLymphome (Sjögren) : très hypoéchogène, pseudo-kystique, aspect réticulé, vascularisé ; IRM homogène, ADC très bas ; souvent multiple ou bilatéral. Métastases ganglionnaires intraparotidiennes d'un carcinome épidermoïde cutané ou d'un mélanome de la face et du cuir chevelu : ganglion arrondi, hile graisseux perdu, nécrose.

Technique IRM tumeur salivaire

Antenne tête et cou ; de la base du crâne (foramen ovale, foramen stylomastoïdien) à l'os hyoïde, jusqu'aux clavicules si la tumeur est suspecte (ganglions).
  • T1 sans saturation de graisse, axial et coronal : contraste avec la graisse parotidienne, contours, graisse des foramens (extension périnerveuse).
  • T2 axial (± saturation de graisse ou STIR coronal) : signal de la tumeur, kystes.
  • Diffusion (b 0 et 800 à 1000 s/mm²) et cartographie ADC : mesure sur la partie solide, hors kystes et nécrose.
  • Séquence dynamique après gadolinium (courbe temps-intensité) : montée lente et continue (adénome pléomorphe) ; pic précoce et lavage rapide (Warthin) ; pic précoce et lavage faible, en plateau (malignité). Seuils les plus cités : pic avant ou après 120 s, lavage de 30 % ; variables selon les études.
  • T1 avec saturation de graisse après gadolinium, axial et coronal : extension, nerf facial, V3, méninges.
  • Option : T2 3D très pondéré (sialo-IRM) pour les canaux.

Arguments pour la malignité

  • Contours mal définis, infiltration de la graisse, du masséter, de la peau ; croissance rapide, douleur.
  • Hyposignal T2, ADC bas (moyenne de l'ordre de 1,1 × 10−3 mm²/s), courbe de rehaussement en plateau.
  • Paralysie faciale ; extension périnerveuse : graisse du foramen stylomastoïdien effacée (VII), nerf mandibulaire élargi jusqu'au foramen ovale (V3).
  • Adénopathies cervicales (cf. fiche Niveaux ganglionnaires).

Diffusion (seuils indicatifs)

ADC au-dessus d'environ 1,4 à 1,6 × 10−3 mm²/s : adénome pléomorphe probable. Au-dessous d'environ 1,0 × 10−3 : tumeur de Warthin ou tumeur maligne, que l'ADC seul ne sépare pas. Valeurs variables selon l'appareil et les valeurs de b : seuils tirés de petites séries.

Pièges

Bien limitéeUn carcinome de bas grade est souvent bien limité : la bonne limitation n'affirme pas la bénignité.
WarthinADC bas et fixation en TEP comme une tumeur maligne ; bilatéralité et pôle inférieur orientent.
Adénome cellulaireUn adénome pléomorphe riche en cellules peut être moins hyperintense T2 et avoir un ADC plus bas.
Lésion parapharyngéeGraisse parapharyngée refoulée en dedans et espace stylo-mandibulaire élargi : lobe profond de la parotide ; refoulée en dehors : origine poststylienne (paragangliome, schwannome).
Pas de nom histologique ni de « bénin » sans élément dicté : décrire et ne proposer d'orientation (adénome pléomorphe, Warthin) que si les éléments dictés sont typiques. La cytoponction ou la biopsie ne se recommandent pas dans le compte-rendu sauf si c'est dicté.
Dans le compte-rendu : côté, glande, lobe superficiel ou profond (rapport à la veine rétromandibulaire), extension parapharyngée ; taille (3 axes) ; nombre, bilatéralité ; contours, signal T1 et T2, ADC chiffré, rehaussement (courbe si dynamique) ; canal (dilatation, calcul : siège, taille) ; nerf facial, foramen stylomastoïdien, V3 ; peau, masséter ; adénopathies (niveaux) ; autres glandes.