Indications surtout quand le fond d'œil est impossible
- Milieux opaques (cataracte dense, hémorragie intravitréenne, hyphéma) : rétine à plat ou décollée ?
- Baisse d'acuité brutale, myodésopsies, phosphènes ; traumatisme (sans plaie ouverte) ; bilan d'une masse ; papille saillante (œdème ou drusen) ; diamètre de la gaine du nerf optique.
Technique et sécurité
| Sonde | Linéaire haute fréquence (7 à 15 MHz ; sondes d'ophtalmologie 10 à 20 MHz). Patient allongé, paupière fermée, gel abondant, aucune pression sur le globe. |
|---|---|
| Réglages | Préréglage ophtalmique obligatoire : puissance acoustique réduite (limites FDA pour l'œil : IM ≤ 0,23, IT ≤ 1, ISPTA ≤ 50 mW/cm²). Doppler bref, seulement pour une question précise. Gain élevé pour le vitré, puis abaissé pour la rétine, une masse, une calcification. |
| Examen | Coupes axiale (cristallin, papille), transversales et longitudinales des quatre quadrants, regard dans chaque direction. Dynamique : faire bouger l'œil puis l'arrêter et regarder la membrane continuer à onduler (« after-movement »). |
| Normal | Vitré anéchogène ; paroi postérieure (rétine, choroïde, sclère) en une seule ligne ; nerf optique en bande hypoéchogène en arrière ; longueur axiale de l'adulte ≈ 23–24 mm (biométrie). |
Plaie du globe suspectée = pas d'échographie (risque d'expulsion du contenu) : scanner des orbites, avis ophtalmologique. Corps étranger métallique possible : scanner, jamais d'IRM d'emblée.
Hémorragie et vitré
| Hémorragie intravitréenne | Récente : fins échos ponctués mobiles, peu échogènes, qui se déposent en couche déclive ; organisée : amas et membranes. Toujours chercher un décollement de rétine et une déchirure dessous (DPV avec traction) ; contrôle si le premier examen est rassurant mais l'opacité persiste. |
|---|---|
| Hyalite astéroïde | Échos très brillants, persistants à gain bas, mobiles, avec un espace clair en avant de la rétine : bénin, sans conséquence. Ne pas prendre pour une hémorragie. |
| Endophtalmie | Après chirurgie ou injection intravitréenne : échos vitréens diffus, membranes, épaississement choroïdo-rétinien. Urgence ophtalmologique. |
Membrane dans le vitré : laquelle ?
| Critère | Rétine | Vitré postérieur (DPV) | Choroïde |
|---|---|---|---|
| Épaisseur, échogénicité | Épaisse, très échogène, reste visible à gain bas | Fine, peu échogène, s'efface quand on baisse le gain | Épaisse, lisse, en dôme convexe vers le vitré |
| Attache postérieure | Papille (et ora serrata) : forme en V ou en entonnoir si total | Pas à la papille (sauf DPV incomplet), suit la base du vitré en avant | N'atteint pas la papille ; va en avant au-delà de l'ora, jusqu'au corps ciliaire |
| Mobilité | Modérée, ondulante ; rigide si ancien (prolifération vitréo-rétinienne, kystes, entonnoir fermé) | Très mobile, after-movement ample | Faible ou nulle |
| Doppler | Vascularisé, en continuité avec l'artère centrale de la rétine | Avasculaire | Vascularisé ; contenu séreux (anéchogène) ou hémorragique (échogène) |
| Contexte | Myopie forte, déchirure, traumatisme, diabète (traction) | Sujet de plus de 50 ans, myope ; souvent bénin | Après chirurgie, hypotonie, traumatisme, anticoagulants |
Pièges. Un DPV incomplet resté attaché à la papille, ou épaissi par du sang, mime un décollement de rétine : la membrane reste plus fine, plus mobile, avasculaire. Des décollements choroïdiens qui se touchent au centre (« kissing ») sont une urgence. Préciser si la macula est décollée ou à plat : cela change l'urgence opératoire.