Lire un épaississement paroi d'un côlon distendu > 3 mm
| Aspect de la paroi | Stratifié en cible (muqueuse rehaussée, sous-muqueuse œdémateuse) : processus bénin aigu (ischémie, infection, MICI). Halo graisseux sous-muqueux : MICI ancienne (aussi chez l'obèse, sans valeur isolée). Homogène, épais : tumeur, lymphome, ischémie évoluée. |
|---|---|
| Étendue | Court (< 5 cm), asymétrique : tumeur, diverticulite. Segmentaire long : ischémie, infection, Crohn. Pancolite : C. difficile, CMV, rectocolite hémorragique. |
| Épaisseur | Très épaisse (> 10 mm) : colite pseudo-membraneuse, CMV, Crohn, lymphome ; ischémie surtout modérée. |
| Graisse péricolique | Infiltration disproportionnée par rapport à l'épaississement : diverticulite, appendagite, perforation. Épaississement important avec peu d'infiltration : colite. |
| Siège | Rectum et continu : rectocolite hémorragique. Iléo-cæcal, côlon droit : Crohn, Yersinia, tuberculose, amibiase, CMV, typhlite. Angle gauche, jonction recto-sigmoïdienne : ischémie. Rectosigmoïde irradié : colite radique. |
Causes
| Ischémique | Sujet âgé, cardiopathie, bas débit ; côlon gauche, zones de jonction (angle splénique, jonction recto-sigmoïdienne) ; épaississement segmentaire, empreintes de pouce, rehaussement diminué. Côlon droit isolé : penser à l'artère mésentérique supérieure (cf. fiche Ischémie mésentérique). |
|---|---|
| C. difficile | Antibiotiques, hospitalisation : pancolite à paroi très épaisse, signe de l'accordéon (contraste piégé entre les plis épaissis), ascite. Peut se limiter au côlon droit ou gauche. |
| Autres infections | Salmonelle, Shigella, Campylobacter, E. coli : épaississement modéré, souvent droit. Yersinia, tuberculose (cæcum rétracté, adénopathies nécrotiques), amibiase (cæcum, abcès du foie). CMV : immunodéprimé, ulcérations profondes, risque de perforation. |
| Typhlite | Colite neutropénique : cæcum et côlon droit très épaissis, pneumatose possible, chimiothérapie. |
| Rectocolite hémorragique | Atteinte continue à partir du rectum, symétrique, muqueuse ; ancienne : halo graisseux, côlon tubulé sans haustrations, espace présacré élargi. |
| Crohn | Segmentaire, asymétrique (bord mésentérique), iléon terminal ; signe du peigne (vasa recta), sclérolipomatose, fistules, abcès (cf. fiche Crohn). |
| Médicaments | Immunothérapie (anti-CTLA-4, anti-PD-1) : colite diffuse ou segmentaire, mésentère hypervascularisé ; AINS ; chimiothérapie. |
| Radique | Rectum et sigmoïde dans le champ d'irradiation (prostate, col utérin), sténose tardive. |
Ce qui fait mimer une colite
| Côlon collabé | Un côlon vide paraît épais (sigmoïde, côlon descendant) : regarder sur plusieurs coupes, comparer avec un segment distendu ; pas de cible ni d'infiltration. |
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| Œdème non inflammatoire | Hypertension portale (cirrhose : côlon droit et cæcum), hypoalbuminémie, insuffisance cardiaque droite, anasarque : paroi œdémateuse sans infiltration, souvent avec ascite. |
| Tumeur | Adénocarcinome : épaississement court, asymétrique, à épaulement, sténosant, adénopathies régionales ; lymphome : très épais, homogène, sans occlusion, parfois dilatation anévrismale. |
| Diverticulite | Segment court avec diverticules, infiltration importante, abcès (cf. fiche Diverticulite). Un segment épaissi persistant après une diverticulite se contrôle (cancer). |
Épaississement segmentaire court sans cause évidente : signaler la possibilité d'une tumeur et proposer une coloscopie à distance ; ne pas conclure « colite » sur un segment de quelques centimètres avec épaulement.
Complications et gravité
| Colectasie toxique | Côlon (transverse surtout) > 6 cm dans un contexte de colite, paroi fine, haustrations effacées, îlots muqueux : urgence chirurgicale. |
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| Ischémie transmurale | Paroi fine, non rehaussée (« papier à cigarette »), pneumatose, aéroportie ou aéromésentérie, liquide intrapéritonéal ; vaisseaux mésentériques à regarder. |
| Perforation | Pneumopéritoine (cf. fiche Pneumopéritoine), abcès péricolique. |
Une paroi fine qui ne se rehausse pas est plus grave qu'une paroi épaisse : en ischémie, l'épaississement œdémateux est un stade réversible ; l'amincissement sans rehaussement signe la nécrose.
Dans le compte-rendu : segments atteints (rectum, sigmoïde, côlon descendant, angle gauche, transverse, angle droit, côlon droit, cæcum), longueur, épaisseur maximale, aspect (stratifié, homogène, halo graisseux), rehaussement (conservé, diminué, absent), infiltration de la graisse, ascite ; iléon terminal et appendice ; vaisseaux mésentériques (artère et veine) ; complications : diamètre maximal du côlon (transverse), pneumatose, aéroportie, pneumopéritoine, abcès.
Ne pas nommer le germe ni la cause sans élément dicté (antibiotiques récents, immunodépression, MICI connue, immunothérapie) : « colite segmentaire du côlon gauche, d'allure ischémique » si la topographie et le contexte vont dans ce sens, sinon « colite » avec les arguments. Pas de « colite pseudo-membraneuse » sur l'imagerie seule : c'est un diagnostic biologique ou endoscopique.